Je suis ravi de retrouver enfin Emma de Caunes dans un rôle principal et dans un style de film qui lui ressemble c'est à dire non linéaire et pas spécialement balisé. L'atout des chateaux de sable vaut par le face-à-face qu'elle a avec son ex Samuel et les personnages qu'elle rencontre dans son sillage ( Claire l'agent immobilière célibataire, la maîtresse de son père décédé ou encore le couple de gays anglais). Eléonore,en perdant son père, retrouve sa maison remplie de souvenirs personnels et de vieux livres,de photographies. Etant encore amoureuse de Samuel malgré une courte incartade avec un amant (la scène où Claire la surprend avec Samuel est d'ailleurs à se plier par terre) ,la jeune femme souffre de la voir proche de sa nouvelle compagne. Emma de Caunes est donc dans son élément à incarner la perte de repères affectifs d'Eléonore , l'envie de se renouveller sans oublier un passé où son père était trés présent et l'envie de rester elle-même malgré tout. Tourné près de Paimpol, le film se déroule entre mer et campagne et quand les personnages quittent la maison, c'est un plaisir de les suivre dans leurs escapades maritimes. L'utilisation de la voix off pour raconter des éléments de vie des personnages, de la photographie, moyen d'expression vital d'Eléonore sont deux procédés qui s'inscrivent parfaitement dans la narration du film. Olivier Jahan a aussi confié la musique planante à un même interprète/musicien dont les partitions planantes et habitées magnifie l'image.
Au final, un bon film où on aimé passer du temps avec les personnages attachants de part leurs failles ou leurs lumières.Parsemé d'émotions contradictoires, les Chateaux de sable est une expérience cinématographique qui met images, dialogues et musique dans une alchimie complète. En espérant que le bouche à oreille fonctionne et que les gens ne se laissent pas influencer par une critique mitigée à son sujet.