🔴Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : https://youtu.be/eSbswnL89lw
🔴 Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + nom du film" sur YouTube !
👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !🔴
On entre là comme on trébuche dans un théâtre de carton-pâte — perruques en bataille, visages poudrés, et sous la robe du juge, une vieille farce qui n’a pas dit son dernier mot. Les Chèvres !, dernière lubie de Fred Cavayé, dégouline de second degré sans jamais trouver sa gravité. XVIIe siècle, procès d’une chèvre, satire judiciaire… la promesse est absurde, elle l’assume — mais elle tangue. Rien n’est sérieux, pourtant tout se joue sérieusement. Et c’est peut-être là que le film s’égare.
Dany Boon, en avocat provincial en quête de gloire, balance entre cabotinage tendre et autoparodie — on ne sait plus s’il croit à ce qu’il dit ou s’il récite une chronique d’Europe 1 déguisée en alexandrins. Jérôme Commandeur, lui, semble s’amuser davantage — trop, parfois, tant sa présence vampirise les quelques respirations du récit. Claire Chust fait ce qu’elle peut, mais tout ici est un peu engoncé, comme une comédie coincée dans son costume d’époque trop ajusté. Les décors sont jolis, oui — mais ça sonne creux, comme une pièce montée sans sucre.
La mise en scène hésite : parfois théâtrale, parfois plate. On voudrait du rythme, du tranchant, mais tout semble mousser dans un bain tiède d’intentions molles. Une satire ? Non. Une comédie ? Pas vraiment. Un film pour enfants adultes ou pour adultes enfantins ? Peut-être. On ne sait jamais sur quel pied danser — ni la cour, ni le parquet, ni le spectateur.
Ce qui aurait pu être une fable grinçante se contente d’un marivaudage gentil. Quelques scènes arrachent un sourire, mais rien ne reste. Pas de réplique à citer, pas d’image qui marque, juste une impression floue, comme un carnaval dont on aurait perdu le thème. Le procès de la chèvre devient un prétexte — amusant, oui — mais creux, presque lâche. La critique sociale annoncée s’évapore dans des apartés burlesques, et même le grotesque se dilue dans l’anodin.
Alors non, ce n’est pas un désastre. Mais ce n’est pas grand-chose non plus. Un film qui bêle plus qu’il ne mord, avec des clochettes aux sabots mais pas de bruit dans la tête. On aurait aimé une chèvre furieuse, on n’a qu’un cabri déguisé.