Les Dents de la mer présenté comme l’un des films les plus incontournables du siècle et c’est une sacrée déception.
La première partie fonctionne plutôt bien. Quelques moments de tension efficaces des plans serrés, des silences bien placés. On sent l’angoisse monter progressivement. Il y a même quelques réflexions intéressantes quoique très binaires sur la responsabilité publique face à l’argent et aux intérêts économiques. Rien de révolutionnaire mais ça tient la route et ça installe une attente.
Et puis tout s’effondre. La chasse au requin cette deuxième moitié interminable, plombe le film de manière catastrophique. C’est long, mou et extrêmement répétitif. On passe une éternité sur un bateau avec trois types qui répètent les mêmes actions en boucle. Ils accrochent un baril, le requin file, ils recommencent. Encore. Et encore. Le principe est compris en dix minutes, mais le film s’acharne à l’étirer pendant une demi heure supplémentaire jusqu’à l’usure.
Les personnages n’aident pas. Brody, Quint, Hooper tous manquent cruellement d’épaisseur et de relief. Ils existent uniquement pour faire tourner la mécanique du scénario. Leurs échanges dans la cabine censés créer de la profondeur, tombent à plat. La fameuse scène du monologue est Laborieuse, inutile et interminable. Un moment qui se veut fort mais qui devient surtout pénible. Les dialogues oscillent entre le convenu et le cliché sans la moindre aspérité.
Les attaques deviennent rapidement prévisible et mécaniques. Aucune surprise, aucune montée dramatique. Le suspense disparaît presque totalement pendant près d’une heure alors que c’est censé être le cœur même du film. Tout devient poussif et sans relief.
Je comprends ce que le film a pu représenter en 1975. Aujourd’hui son impact s’est largement émoussé. L’ensemble manque de finesse, d’évolution, et surtout d’un propos qui dépasse la simple peur du requin.
Ce qui sauve Les Dents de la mer du naufrage total c’est sa première demi heure plutôt solide et une réalisation globalement maîtrisée. Le reste c’est ne succession de scènes qui se ressemblent, des personnages creux, un suspense absent et des dialogues plats capables d’endormir un requin affamé.