Quatre jeunes filles à quatre époques différentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la même ferme, au nord de l'Allemagne. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs vies semblent se répondre...
Oui, on peut le dire comme ça. Ça se passe à l'Est de Berlin, un temps RDA, le Altmark. Et c'est aussi une histoire allemande, le fils qu'on mutile pour l'empêcher de partir à la guerre, la fille qui tentera de fuir les occupants en traversant le fleuve à la fin de la guerre, celle qui traversera le fleuve pour passer à l'Ouest dans les années 70 ou 80 et, aujourd'hui, les néo ruraux qui viennt de Berlin s'installer dans cette même ferme abandonnée.
Le regard de la caméra est féminin, poétique, parfois on suit le souhait morbide d'une adolescente, c'est tragique, et puis le réel reprend le dessus et elle fait à nouveau comme si, comme si elle était heureuse de son sort tout en se demandant combien de temps encore il va falloir faire semblant. On a eu chaud !
C'est un film d'une beauté narrative éblouissante, parfois on dirait des tableaux flamands, on fait poser les morts arrangés comme des poupées pour la photo de famille souvenir, on court sous des tunnels de foin (ça existe ?), on nage dans ce fleuve qui rappelle le Styx, ce fleuve qui sépare le monde des morts de celui des vivants, on fait la fête et tout le monde a l'air heureux.
Un film beau comme la vie.