Un ouvrier du nord de l'Italie quitte les siens, et sa fiancée en particulier, pour travailler dans le Sud.
Le style du film d'Ermanno Olmi étonne et son propos, ses intentions, sont, disons-le, plutôt obscurs. Evoquant l'Italie populaire et ouvrière, sa pauvreté et l'âpreté de son existence, le cinéaste se détourne du réalisme social pour un récit elliptique fait de scènes insolites ou poétiques.
Opposé au misérabilisme, Olmi trouve peut-être à la classe ouvrière des raisons d'espérer : la camaraderie, l'amour (on le verra, à la fin, après s'être longtemps demandé la signification du titre) et un certain art de vivre prolétarien sont des échappatoires naturelles.
Le regard de Giovanni, l'ouvrier "déraciné, est celui du spectateur dans ce qu'on pourrait qualifier de chronique de moeurs erratique et libre, sans intrigue à proprement parler. Mais à la curiosité initiale ont succédé chez moi l'incompréhension puis l'indifférence.