Pierre Richard est un personnage pour qui on a, je pense, tous une sympathie naturelle. Quand il est acteur chez de bons metteurs en scène de comédie comme Gérard Oury, Francis Veber ou Claude Zidi, ça va. Quand il tourne dans ses propres films, je ne dirai pas qu'il est en roue libre, ce n'est pas ça. Mais j'ai l'impression de voir tantôt un clown, tantôt un danseur, tantôt un mime et pas un comédien.
Dans Les Malheurs d'Alfred, ce serait injuste de lui reprocher de jouer les grands blonds timides maladroits puisque c'est ce qui le caractérise dans toute sa filmographie. Les fameux malheurs, sa malchance donnent lieu à des gags souvent très drôles. Très tarte à la crème. Simple mais efficace. C'est du pur burlesque. C'est ce qui fait mouche à chaque fois : un seau d'eau sur la tronche, un type qui glisse, qui se prend une porte dans la gueule, qui finit dans l'eau.
Beaucoup plus balourde est la deuxième partie où on voit Alfred participer à une sorte de jeu télévisé : Paris contre Province. Les gags s'étirent et tout devient pataud. Peut-être était-ce pour Pierre Richard une volonté de fustiger les jeux télévisés abrutissants. Il a oublié qu'il était en 1972 et n'avait pas prévu que le futur donnera bien pire avec certains cas comme Benjamin Castaldi, Lagaf, Tex ou Arthur.