Je l'ai choppé parce que réalisé par Isabelle Carré. J'étais curieux de voir ce qu'elle allait faire, elle qu'on voit moins au cinéma ces dernières années, malgré qu'elle soit active.


J'ai eu un peu peur : l'ouverture est moche, avec des gosses qui jouent mal, une image dégueu, un découpage qui sent la volonté de trop vouloir impressionner sans que ce ne soit vraiment justifié. Et puis, ça vire un peu au téléfilm, avec un découpage plus sage, une image grise et terne assez souvent. Et ben bizarrement, c'est dans cette sobriété que Carré excelle. Sa force, c'est de diriger ses jeunes acteurs, de les laisser offrir ce qu'ils veulent/peuvent offrir et puis de capter ça à la caméra. Pas d'effets de surenchère, c'est assez simple et ça s'apprécie. Y a beaucoup de caméos quand même, mais ça passe, les super stars ne volent pas la vedette, on a surtout l'impression que Carré voulait rendre hommage à des gens qu'elle appréciait, que ce soit au travers de personnages ou au travers du choix d'acteur. Et tout le monde a l'air bien. Niveau reconstitution, ça ne passe pas trop : quelques vêtements flashy et coupes de cheveux kitsch ne suffisent pas pour convaincre que nous sommes dans les années 80, le reste du décorum fait très contemporain d'ailleurs. Mais on s'en remet. Notons aussi que la réalisatrice a réussi à trouver une jeune actrice qui lui ressemble suffisamment, il y a quelque chose dans le regard et la bouche qui rappellent l'aînée.


Le récit n'est pas celui que j'attendais : je pensais voir cette actrice faire quelque chose avec les gosses. Mais non, en fait, elle veut surtout raconter l'histoire de Elisabeth (qui je suppose est Isabelle en réalité, je n'ai pas lu le roman, je ne me suis pas informé dessus, mais ce film transpire l'autobiographie, d'ailleurs la musique du film a été composée par le vrai frère de Isabelle) et elle le fait bien, elle compose des personnages intéressants, touchants et parvient à dire juste ce qu'il faut pour comprendre l'institution. L'on pourra sans doute reprocher un côté trop lisse, on a du mal à croire qu'à l'époque le docteur et les infirmières étaient si bienveillants, même s'il est possible qu'elle ait eu cette chance incroyable dans la réalité (à l'époque il était bien plus courant de constater des abus, et donc il paraît plus naturel de pointer les dérivées 'normales' typiques de ces années). Il y a des petits moments émouvants, sans jamais forcer, comme cette enfant qui reste dans son coin mais qui découvre la lecture comme Isabelle/Elisabeth a pu le faire.


Bref, chouette petit film, pas parfait, mais touchant, sincère et efficace.

Fatpooper
7
Écrit par

Créée

le 27 mars 2026

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