Gloire à Bruno Dumont, Longue vie au Roi.

Gracieuse balade romantique sauvage et débridée au cœur des Roches Rouges, qui voit l’enfance comme possédée par une immense liberté et une insouciance déroutante. Bruno Dumont s’amuse à filmer le vivant, tente de remettre la perception au bon niveau, filme l’enfant et sa présence éternelle encore et toujours vive , dans nos plus beaux et lointains souvenirs, dans notre férocité innée. Une œuvre qui marque l’évidente importance du cinéaste et de ses propositions toujours aussi singulières, d’un cinéma qui ne semble pas avoir été exploré, en tout cas pas avec autant de justesse.

Un portrait sur l’errance, l’ennui, et la spontanéité, sur cette liberté et cette permission, de toutes les possibilités que l’on se procure et que l’on se octroie lorsque l’on est jeunes. Tout est franc, tout est sans-gêne, tout est simple, tout est coloré et grand, et c’est ce que Dumont nous fait merveilleusement ressentir dans sa mise en scène. L’on ressent cette sensation d’émerveillement, d’éblouissement, de ces enfants qui prennent plaisir à vivre, et à explorer tout le mouvement qui les entoure. Le passage d’un train en gare, sauter depuis une falaise, se promener en amoureux, en quad, se faire des copains, rien n’est ambitieusement démesuré, tout est prétexte pour exister et explorer.

Les Roches Rouges c’est ce tableau d’un monde découvert honnêtement, pris et accepté tel qu’il est, vécu au rythme de la nature, et des envies, un monde que l’on envierait presque tant il semble désormais inaccessible, et presque interdit. De ce qu’il manque au sérieux et à nous les grands, les ennuyeux, les oisifs, se permettre, se laisser aller dans l’ennui, et s’abandonner dans la spontanéité. De retrouver cette échelle de l’enfance libre, gigantesque et chaleureuse, indomptable et fougueuse, remplie de petites et profondes émotions.

KennyPortis
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le 12 sept. 2026

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