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SuivreUn Ozu mineur n'existe pas
Par Fabrice Prieur, un cinéphile invétéré qui publie régulièrement d'enthousiasmantes critiques sur des grands classiques connus ou moins connus dans des groupes et sur son profil...
"The Munekata sisters" Muneketa shimai – 1950 de Ozu est une autre histoire de famille entre deux sœurs, l'aînée traditionaliste et la cadette ''moderne'', « mais que veut dire ''moderne'', interroge Setsuko, porter des jupes courtes ? »
Setsuko, mal mariée et faisant vivre le ménage par son activité, revoit, par l'entremise de sa cadette Mariko, Hiroshi, l'homme qu'elle aime en vérité depuis quinze ans et qui lui est resté célibatairement fidèle.
Le contraste ancien/moderne est accentué par le mobilier occidental que fabrique et vend Hiroshi, homme ''moderne'' aux sentiments délicats toujours vêtu à l'occidentale, présenté en contraste avec le mari de Setsuko, autoritaire, brutal et alcoolique traînant en kimono son désœuvrement.
En entrant pour la première fois chez Hiroshi qu'elle amuse, Mariko s'émerveille de l'intérieur bavarois surchargé, à vrai dire cet intérieur à l'occidental fait piètre figure à côté de l'épure des intérieurs traditionnels, du reste le plan tatami place le regard à hauteur d'assise du mobilier occidental, c'est à dire hauteur de fesses. Ozu critique en s'amusant – air de ''Rosamunde'' en prime – de cette modernité qui grignote peu à peu la tradition, mais il ne tranche pas en laissant Monsieur Munekata père – Ryu Chishu toujours épatant – répondre à sa cadette qui l'interroge sur qui a raison de sa sœur et d'elle : chacune selon son tempérament, tout en prévenant « But being fashion-conscious is boring. Think deep and choose your road. Value your life. »
Au final Setsuko s'émancipe par la force des choses ce qui donne l'occasion d'une fin inattendue merveilleusement servie par l'émouvante Tanaka Kinuyo.
Nota : Quoi que film Ozu, le résultat plastique est tellement envoûtant qu'il pourrait raconter n'importe quelle histoire. On se ferait volontiers un plan rose-pourpre-du-caire pour pénétrer dans ces intérieurs traditionnels qu'il a réussi à fixer pour l'éternité, ou presque.
Créée
le 2 mai 2026
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