Depardieu, Dewaere et l'explosion de la liberté : un film impossible à refaire aujourd'hui !

  • J'ai revu Les Valseuses de Bertrand Blier et mon ressenti est un mélange assez explosif.
  • ​J'ai été d’abord saisi par l'énergie brute et la gouaille de ce film. Le trio formé par Depardieu, Dewaere, et Miou-Miou est tout simplement incandescent. Ils ne jouent pas leurs personnages, ils les incarnent avec une sauvagerie, un naturel et une liberté qui crèvent l'écran. C'est l'un de ces films qui repose entièrement sur ses acteurs, sur leur chimie totale, et de ce point de vue, c'est une réussite éclatante. Les dialogues, crus et iconoclastes, sont ciselés avec une verve qui est devenue la marque de fabrique de Blier. C'est un road-movie à la française qui sent le sexe, la frite, l'ennui et le désir absolu de tout envoyer valser, capturant parfaitement l'esprit post-Mai 68 de libération et de désenchantement.

Pourquoi 7/10 et pas plus ?

  • ​Si l'œuvre est culte, elle est aussi profondément dérangeante. Certains passages, notamment le traitement des personnages féminins et des scènes d'agression (comme celle dans le train avec Brigitte Fossey), ont très mal vieilli. Le ton est souvent à la limite, voire au-delà, du tolérable. Ce qui était peut-être perçu par certains à l'époque comme une provocation joyeuse apparaît aujourd'hui comme de la misogynie violente, même si l'on peut y voir aussi une satire très acerbe de la « phallocratie » et de la bêtise masculine. L'ambiguïté fait la force du film, mais aussi sa difficulté. C'est un grand film, mais un film difficile à aimer sans réserves aujourd'hui.

Conclusion : Un Témoignage d'une autre ère

  • ​Les Valseuses reste un témoignage essentiel de l'état d'esprit d'une époque, une capsule temporelle de la liberté (et de la toxicité) des années 70.
  • ​Toutefois, en le revoyant, une chose m'est apparue comme une évidence : ce film serait tout simplement impossible à faire aujourd'hui. Le regard sur les questions de genre, de consentement, et même la simple représentation de la violence et de la délinquance, est devenu beaucoup plus critique. L'actuel système de production et de distribution ne tolérerait pas cette ambiguïté morale constante, cette absence totale de conséquences, et ce ton irrévérencieux sur des sujets aussi graves. Blier a pu dynamiter l'ordre moral de 1974, mais l'ordre moral d'aujourd'hui aurait, je crois, étouffé ces voyous iconoclastes avant même le premier clap. C'est un film qui mérite d'être vu, analysé, mais qui appartient définitivement à une autre ère du cinéma.

Créée

le 22 nov. 2025

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DirtyVal

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