Je n'ai vraiment pas aimé "Leviticus", et je crois que le véritable film d'horreur, c'était surtout mon combat intérieur pour résister à l'envie d'appuyer sur le bouton Arrêter toutes les dix minutes. Le concept avait pourtant de quoi éveiller la curiosité : deux adolescents sont poursuivis par une entité capable de prendre l'apparence de la personne qu'ils désirent le plus... c'est-à-dire l'un l'autre. Sur le papier, cette idée pouvait donner naissance à un thriller psychologique original, jouant sur les émotions, les peurs et les désirs. Malheureusement, le résultat ressemble davantage à un scénario qui aurait été écrit après une nuit blanche alimentée uniquement par des boissons énergétiques périmées. Dès les premières scènes, j'ai eu énormément de mal à croire à ce que le film me racontait. Les situations s'enchaînent sans véritable logique, les personnages prennent des décisions qui défient toute forme de bon sens et le récit semble constamment improviser ses propres règles. À plusieurs reprises, je me suis demandé si le scénario savait lui-même où il voulait aller... et j'ai rapidement compris que la réponse était probablement non. Le suspense ne fonctionne jamais vraiment, car je n'ai ressenti ni peur, ni tension, ni véritable attachement pour les protagonistes. Les dialogues n'arrangent rien et renforcent souvent cette impression d'artificialité permanente. Les personnages parlent beaucoup, mais rarement de manière crédible, et certaines répliques donnent presque envie de vérifier si le script n'a pas été mélangé avec les brouillons d'un concours de générateurs de phrases aléatoires. Quant à la mise en scène, elle peine à instaurer une véritable atmosphère inquiétante. Là où le film aurait dû jouer sur la paranoïa et le malaise, il accumule au contraire des scènes confuses qui m'ont davantage laissé perplexe qu'effrayé. J'ai surtout eu le sentiment que le concept de départ, pourtant intéressant, était totalement gaspillé. Ce qui m'a le plus marqué, c'est à quel point j'ai trouvé le temps long. J'ai failli arrêter le film à plusieurs reprises, tant je peinais à trouver un élément capable de relancer mon intérêt. Si je suis allé jusqu'au générique, c'est uniquement parce que j'aime regarder les films jusqu'au bout lorsque j'écris une critique. Sans cela, je pense sincèrement que cette séance se serait terminée bien avant la fin. Au final, "Leviticus" est pour moi un immense rendez-vous manqué qui transforme une idée prometteuse en un récit totalement décousu et dépourvu de crédibilité. Je n'y ai trouvé ni tension, ni émotion, ni cohérence, et j'ai eu beaucoup de mal à comprendre où le réalisateur voulait emmener son public. Je ne le conseillerais qu'aux spectateurs qui trouvent que regarder de la peinture sécher manque encore un peu d'action... ou à ceux qui souhaitent vérifier si leur télécommande possède bien un bouton « arrêt » parfaitement fonctionnel.