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SuivreLe placard et sa malédiction
Afin d'éviter toute déception, une précision s'impose : Leviticus, ce n'est pas véritablement un film d'épouvante.Et il s'agit en plus d'un premier film, avec tout ce que cela comporte donc de...
Afin d'éviter toute déception, une précision s'impose : Leviticus, ce n'est pas véritablement un film d'épouvante.
Et il s'agit en plus d'un premier film, avec tout ce que cela comporte donc de maladresse.
Ceci étant posé, il faut reconnaître que Leviticus est plutôt pas mal dans ce qu'il propose : un coin d'Australie ultra conservateur et déprimant où l'homosexualité peut s'avérer mortelle. Cette histoire de mal d'abord invisible est de manière évidente la métaphore de toute la violence infligée par les thérapies de conversion.
A la dure, la thérapie. Façon exorcisme public. Pour bien faire comprendre que l'on s'est écarté du droit chemin. Avant que les remugles, puis le sang, ne souillent les amants, comme le promet le Lévitique.
Après une scène choc typique des Dents de la Mer, l'argument fantastique agira en deux temps.
Il s'agit tout d'abord de suivre le point de vue extérieur de Naim qui, justement, ne voit pas la menace de manière concrète, mais en devine seulement sa force et sa rage à l'oeuvre.
Puis enfin la matérialisation de la malédiction : l'être aimé.
C'est ici que réside tout l'attrait de Leviticus : traduire via un terrain du fantastique voisin de l'immense It Follows l'idée de brouiller les repères entre l'amour et la haine, l'affection et le rejet de soi-même et de l'autre qui nous rend faible par l'attirance que l'on éprouve.
Tout en faisant ressentir le sentiment de paranoïa qui étreint en plus d'une occasion les protagonistes du film, surtout face à l'élément le plus familier qui soit. Il s'agit donc finalement de réprimer les sentiments par lesquels on aurait péché aux yeux de sa communauté. Tandis que les parents, eux, sont imposés par Adrian Chiarella comme des êtres glaçants. Parce que ce qu'ils font à leurs enfants ne peut qu'être pour leur bien.
Mais ce que met le plus en avant Leviticus, à bien y réfléchir, c'est son couple vedette, sa construction. Dans leurs premiers rendez-vous faits de chamailleries et d'approches, la jalousie éprouvée, puis les étreintes et les promesses.
Voilà donc la volonté de Chiarella : parler tout simplement d'amours contrariées, le fantastique convoqué à l'appui du film comme un high concept à base de doppelganger ne constituant au bout du compte qu'un simple vecteur.
Voilà sans doute ce qui en fera hurler plus d'un. Parce qu'ils considèreront que Leviticus leur aura fait à l'envers par rapport au frisson qu'ils étaient venus chercher en entrant dans la salle de cinéma.
Behind_the_Mask, suis-moi je te fuis.
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