Long weekend est facile l'une de ces pépites méconnues. Ou plutôt, vu que pas mal de cinéphiles l'ont quand même repéré depuis un bail, un de ces films dont on s'étonne qu'il ne soit pas davantage cité. C'est inventif, ça a quarante ans d'avance sur son époque ; et en dépit d'un budget de misère, les images sont belles et la tension est là.
Sorte de mix improbable entre le film d'horreur 70's et le film écolo, il nous offre Peter et Marcia traversant une mauvaise passe, qui s'accordent sur un week-end camping plage, histoire de se rabibocher. Et même pas peur si les locaux ne semblent pas connaître l'endroit... Sauf que leur conception de la nature est irrespectueuse au possible ; qu'ils lui témoignent, chacun à leur manière, un mépris absolu ; et, qu'en parallèle, Dame Nature en a largement marre d'être considérée de la sorte, et qu'elle entend bien le faire savoir. Par ailleurs, les relations des êtres humains entre eux ne sont pas davantage satisfaisantes que celles qu'ils entretiennent avec l'environnement. Et sur ça aussi, il va falloir rendre des comptes.
On est à la limite du fantastique ; même si, plus le film avance, plus la limite est franchie. Au fil des minutes, la tension s'installe. Par petites touches d'abord : des bruits, des impressions... Puis, par des trucs de plus en plus inexplicables. On peut regretter que le climax soit atteint aux 3/4 du film, alors que le film commence à devenir vraiment flippant, et que le dernier quart d'heure traîne un peu les pieds, en comparaison du reste. Mais on pardonne tout ça sans problème vu la qualité de l'ensemble.
Avec Picnic at Hanging rock, sans contexte l'un des meilleurs films australiens des années 70. Donc à voir et à revoir sans souci.