♬ Auprès de sa blonde / Qu'il fait con, fait con, fait con ♬

On était en 2015. Cela faisait déjà plusieurs années qu'Internet avait intégré une bonne partie des foyers. Mais, visiblement, Gaspar Noé ne l'avait pas encore compris à l'époque. S'il avait déféqué sa purge vingt ans plus tôt, alors qu'il n'y avait que les magazines dans les rayons du haut du tabac-presse du coin, le petit film érotique en deuxième ou troisième partie de soirée sur M6, sur lequel on tombait comme de par hasard, et pour celles et ceux qui étaient abonnés à Canal +, le film X diffusé après Le Journal du Hard, ça aurait encore pu avoir une raison d'être. Cela aurait fait gueuler. Cela aurait permis à certains de s'en mettre sur le pantalon, tout en essayant de faire croire qu'ils ne sont là que pour l'art et essai.


Et c’était très bien que ce film ait été interdit aux moins de 18 ans l'année de sa sortie en salles. Ben ouais, cela aurait été cruel pour les principaux concernés de risquer de payer un ticket, de se faire mortellement chier pendant les vingt heures... euh pardon... les deux heures et quinze minutes du truc. Alors qu'ils pouvaient tranquillement et gratuitement faire leur petite affaire chez eux, en quelques minutes.


Bon, ça raconte quoi ? Alors c'est un étudiant en cinéma — que l'on ne voit jamais étudier, tourner, assister au moindre cours à la fac — qui est amoureux d'une brune. En sa compagnie, ils se font une partie à trois avec une blonde voisine. Plus tard, l'étudiant en cinéma profite d'une absence de sa brune pour se retaper la blonde. Pas de bol, le préservatif craque et le monsieur s'aperçoit immédiatement qu'il a accidentellement injecté de son liquide précieux dans la foufoune blonde. Horreur et désespoir. Il n'est pas question d'avortement, vu que la dame est contre, et c'était le seul moyen d'éviter cela — quoi ? comment ? La pilule du lendemain ? Non, connais pas. La brune le quitte après qu'il a avoué la trahison. Et finalement, il est contraint de vivre avec la blonde qu'il n'aime pas — euh, il n'y a aucune loi ou contrainte sociale d'aucune sorte qui oblige à vivre en couple avec la mère de sa progéniture... il y a la garde partagée qui peut s'arranger entre parents ou devant un tribunal... et c'est toujours mieux pour un enfant de vivre dans deux cadres séparés, mais aimants, que de voir deux conjoints se cracher constamment du venin à la gueule... hein ? ah non, quand tu mets en cloque une meuf, il faut forcément partager le même toit qu'elle... ah bon, je ne le savais pas... Il est trop triste d'avoir perdu la brune et de vivre avec la blonde, mais il a un gosse qu'il adore... fin...


Et, par l'intermédiaire d'une voix off, on entend certaines des grandes pensées du protagoniste, d'une vérité étincelante et universelle. Ainsi, vous apprendrez, par exemple, que l'engin masculin n'existe que pour baiser. Moi, je pensais que c'était surtout pour uriner — parce que si on n'urine pas, on crève — mais non...


Il suffit de prendre le temps de réfléchir quelques secondes avec ses deux neurones qui virevoltent tout seuls dans son cerveau au lieu d'user ceux qui s'entassent au niveau de la ceinture pour comprendre que l'histoire est d'une débilité profonde.


Vous ajoutez à cela des interprètes d'une nullité impressionnante. Quitte à les faire baiser pendant 80 % du trop long long-métrage, le réalisateur aurait mieux fait d'engager directement des acteurs et des actrices pornos — pourquoi ils parlent tous anglais ces cons alors que le film se déroule à Paris ? Ah oui, marché international. Et embaucher un comédien principal aussi dénué de talent et de charisme, cela relève de l'exploit. Il ne dégage rien, rien de rien, que dalle, nada... ah si, du sperme. Ce qui fait qu'en plus, il n'est pas crédible une seule seconde que deux bombes soient attirées par lui — au moins, on ne peut pas retirer aux deux actrices principales qu'elles ont été généreusement gâtées par la nature ; reste que le cinéma porno est loin de manquer de femmes sexy, donc Noé aurait pu aussi bien piocher là.


Bah, tiens, Noé, il ne manque pas de se mettre en scène, en s'astiquant, au propre comme au figuré, sur son supposé génie. Ouais, s'il avait été un peu plus génial, il ne se serait pas encombré de toutes ces séquences sexuelles aussi ennuyeusement interminables qu'inutiles — non, Gaspar, foutre dessus du Satie ou du Bach ne suffit pas à les rendre profondes — enfin, pas dans ce sens — et intelligentes. Vous allez sur n'importe quel site dans lequel on doit juste confirmer qu'on a plus de 18 ans, vous mettez la première vidéo qui vous tombe sous la main (celle qui est libre, évidemment !). Ensuite, vous baissez le son au maximum — sans le couper complètement, et vous foutez un morceau de musique classique par-dessus, soit sombre, soit mélancolique ; ça vous donne un résultat identique. À la place, il aurait pu développer un peu plus ses personnages — notamment la blonde qui n'ouvre la bouche que pour rabaisser son prisonnier de compagnon (parce qu'elle n'est réduite qu'à une grognasse !) et pour faire comme les Shadoks, pomper, pomper, pomper. Il aurait pu nous faire beaucoup plus partager leur quotidien, développer leurs relations. Oui, parce qu'en dehors du cul, ce qu'il propose autrement aurait tout à fait tenu dans un court-métrage de vingt minutes.


Bref, tout ceci ne se résume qu'à de la branlette pseudo-intellectuelle.

Plume231
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le 9 mai 2025

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