Dans la lignée des remarquables La Vie d'Adèle, Nymphomaniac et 50 Nuances de Grey (lol), Love fait parti de ces films osés qui mettent mal à l'aise ces gens à l'état d'esprit éternellement puceau, qui crient au scandale devant une scène de sexe explicite, mais qui mouillent leur slip devant un blockbuster d'attardés. Ce même genre de personnes à l'ouverture d'esprit aussi étroit qu'un vagin d'enfant vietnamienne, qui considèrent Salo ou les 120 journées de Sodome comme un purge, sous prétexte que c'est sale.


Bien que son introduction soit faite d'autres introductions plus charnelles, et que le personnage d'Omi branle à mes yeux très mal son partenaire, à lui irriter salement le gland, Love est avant tout un film d'amour. Gaspar Noé raconte les boires et déboires amoureux de Murphy qui angoisse sur la perte de son amour perdu, qui voyagera dans ses souvenirs à l'aide d'opium laissé par celle qu'il a tant aimé et qu'il ne peut oublier : Electra. Bien loin d'un vulgaire film de sexe, Noé nous dévoile une fois de plus une philosophie de vie à travers son cinéma, et tous ses thèmes chers sont ici présent. Le sang, le sexe, les larmes, les excès… mais surtout de l'amour, qui ne s'exprime pas qu'en centilitres.


Il n'y a pas de concession, pas de limite, Noé nous montre une vision de l'amour et n'a rien à cacher. Tant pis pour les chastes candides.


Avec les souvenirs de Murphy, on va passer par tous les états amoureux : l'envie, la sensualité, la jalousie, les regrets, la souffrance. Gaspar Noé nous livre un film intime, où il réussit à placer son prénom, son nom, son film ainsi que son poème préféré, un rôle pour lui, ainsi que ses précédents films. Ce qui ne manquera pas de faire rager ses détracteurs, mais il réalise surtout un film intimiste. D'une part par sa mise en scène, mais surtout par ses personnages. Au plus près d'eux, chacune de nos expériences va nous permettre de s'identifier à ces jeunes frivoles, on va tantôt ne faire qu'un avec Murphy dont on découvre lentement l'évolution, tantôt prendre du recul et de la distanciation vis-à-vis de ce personnage insolite. De l'amour fou à l'amour animal avec cet abus de levrette, en passant par l'amour naïf de sa première copine, sans doute le plus beau.


Dans Love flotte une certaine mélancolie aussi belle que triste quand au traitement de l'amour, en particulier lorsque on assiste à l'abandon par Electra qui rappelle qu'on a tendance à prendre conscience de ce que l'on a, qu'une fois qu'on ne l'a perdu, après tous les excès.


Projet traînant depuis la sortie de Seul contre tous, soit 16 ans, le film a bien eu le temps de mûrir et est donc un vrai film sur l'amour, mais interdit au moins de 16 ans, héhé.


La plus grande qualité dans le cinéma de Gaspar Noé est sans le moindre doute sa mise en scène, très esthétique et contemplative, qui s'attarde sur la vie et son quotidien. Mais c'est également le défaut principal de Love, bien que le film soit doté d'une ambiance aussi magistrale qu'impudique et d'un esthétisme d'une beauté sale, le film est lent, trop lent. Le cinéaste prend son temps et fait souffrir son œuvre de certaines longueurs, mais dont nous sommes forcés de constater que c'est d'une élégance sur tous les plans, surtout lors du plan à trois. A l'image de l'affiche aussi somptueuse que racoleuse, voir ces langues s’entremêler et ces corps fusionner avant même l'acte sexuel autour d'un joint... c'est somptueux, envoûtant, mélodieux, bandant.


Love est une œuvre complète qui mêle aussi bien mélancolie qu'ironie, qui a le don de rentrer dans l'intimité des gens avec une 3D intelligemment utilisée, bien que largement dispensable, jusqu'au plus profond de leur âme, et de leurs orifices. Mention spéciale pour le personnage du grand artiste mondain parisien qui nous la met explicitement aussi profond qu'a son ex Electra, avec cet effet 3D outrageux, qui nous montre que quoi qu'il arrive on se fera toujours niquer par un plus haut placé, qui nous insulte ici directement de «grosse merde».


Puis comment ne pas parler de ce final aussi surprenant et tendre que celui d'Irréversible, plus touchant qu'un pédophile sous viagra qui nous impose que quoi qu'on en dise, que Gaspar Noé est un des cinéastes français contemporains les plus intéressants malgré le fait qu'il divise, un réalisateur qui propose à chaque fois une réflexion brillante sous une forme d'une classe sans nom, à mi-chemin entre l'exquis et l'offusquant, comme cette magnifique éjac' faciale que j'ai reçu le jour du visionnage. Un vrai bonheur de subir cette sensation fantasmagorique, surtout après avoir visionner cette œuvre.

Alex-La-Biche
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le 27 juil. 2015

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Alex La Biche

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