Le propos du film, bien que pas neuf, est touchant et il est clair que le film est porté par Roschdy Zem.
J'ai retrouvé le combat d'un père tel que celui décrit dans 'Hardcore', en moins violent toutefois.
J'ai senti, et au delà des imperfections, l'implication très personnelle de Naidra Ayadi pour son premier film est tant que réalisatrice. Dans le cas de 'Ma fille', l'origine immigrée de la fille rajoute un aspect dramatique.
La retenue du père vis à vis de leur histoire est particulièrement touchante et on retrouve de tels comportement de manière assez récurrente chez ceux qui ont quitté leur pays dans des circonstances douloureuses telles que révolutions ou guerre et qui souhaitent protéger leurs enfants de leurs douleurs vécues mais qui, au contraire, créent une distance et un trou dans l'histoire familiale que leurs enfants paient chers en matière de construction identitaire.
La fin démontre la nécessité du dialogue, de l'échange, du partage, quelles que soient les douleurs.
Le seul bémol, mais je chipote, c'est la relative gentillesse qui anime les réseaux obscurs décrits. Dans la réalité, je crains que beaucoup plus de violence n'aurait émaillé la quête du père.
Ce détail mis à part, le film est très correct et permet de jeter un œil sur un phénomène douloureux.