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Miller la pâtée
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le 18 avr. 2013
Le succès de Mad Max surprend tout le monde y compris George Miller. En effet, le réalisateur n'est pas satisfait de son premier long-métrage. Il n'y perçoit que des défauts à force de l'avoir vu et revu à outrance durant près d'une année de montage sans compter que, pour lui, le tournage fut une expérience éprouvante. Tout cela le mène à se remettre en question en tant que réalisateur, mais aussi scénariste.
C'est à cette période que le tout Hollywood lui fait les yeux doux et qu’il fait la rencontre de Terry Hayes qui est journaliste mais aussi écrivain. Car celui-ci doit s'occuper de l'écriture de l'adaptation de Mad Max sous la forme d'un roman. S'entendant à merveille avec Terry Hayes, George Miller lui propose donc de travailler ensemble sur d'autres projets, ce qui les mènent à discuter des travaux de Joseph Campbell. A partir de toutes ces réflexions et conversations, Miller et Hayes vont se passionner pour la figure du héros et la manière de le recréer à l'écran pour Max.
Byron Kennedy, le partenaire de George Miller, maintenant producteur, accueille le projet d'une suite avec enthousiasme ! Fort des résultats du premier film, cette suite va alors réunir le plus gros budget du cinéma australien de l'époque. George Miller et Byron Kennedy passent ainsi la vitesse supérieure, sautant directement d'un tout petit film amateur à une super production à l'échelle de l'Australie.
Mad Max 2 : The Road Warrior sort fin 1981 en Australie et pendant l’été 1982 en France (même année que Mad Max sorti au début d’année).
A l'origine, George Miller et Terry Hayes ne conservent que le personnage de Max ainsi que sa voiture avec l'envie de proposer un film totalement différent. Pourtant, il est difficile de ne pas noter les nombreuses similitudes entre les deux films. De nombreux passages de cette suite ont leur contrepoint dans le film original. Il est probable que la frustration de George Miller l'a mené à en refaire des séquences. On peut aussi y voir le fruit d'une synthèse dans le but de recréer un personnage encore plus mythique en améliorant les meilleurs passages de l'original.
Le personnage de Humungus, par exemple, dirige ses troupes avec la même théâtralisation que le Toecutter, particulièrement lors de son long discours. D’ailleurs, le personnage de Humungus devait se révéler être Jim Goose (jadis interprété par Steve Bisley dans le premier film) qui, après avoir survécu à ses brûlures, cachait son identité derrière un masque. Mais George Miller renonce finalement à cette idée.
De même, l'assaut d'une voiture et du couple à l'intérieur fait écho à une même scène dans le premier film. Les altercations verbales entre le chef de la police et Max dans l'original se retrouve ici avec plusieurs scènes entre le héros du film et Papagallo. Les deux films s'avèrent donc très différents et, en même temps, très proches. Y compris dans sa mise en image, on retrouve ainsi, entre autres, les plans rasant le bitume ce qui donne un côté imposant aux véhicules. Le film s'impose ainsi comme une véritable continuité, prolongeant l'histoire de son personnage principal. Et si George Miller fait preuve, en amont, d'une grande réflexion concernant son deuxième long-métrage, le but avoué est de livrer un véritable spectacle bourré d'énergie s'inscrivant dans une logique de divertissement universel.
L’apocalypse promise par le premier opus a finalement eu lieu. À sillonner l’outback plus désert encore qu’auparavant, on ne rencontre que des êtres résolument individualistes, plus ou moins brutaux, en qui toute trace d’innocence a disparu. La meilleure preuve en est l’enfant sauvage, qui habite non loin de la citerne assiégée où se déroule le récit. L’avenir qu’enfante le désert est à son image : âpre, sec, amoral.
Quantité de mondes post-apocalyptique s’efforcent de cultiver une lueur d’espoir dans une communauté alternative ou au contraire une indécrottable nostalgie pour le monde antérieur. Or, dans l’univers de George Miller, il n’y a ni regret, ni espérance. Bien qu’idéalisée, la petite communauté assiégée dans la citerne n’a pas assez de poids pour proposer une idéologie fondatrice. Bien au contraire, car suivant l’exemple du désert, la mise en scène adopte le modèle perceptif des routards qui encerclent la citerne. Leur chef, Humungus, cultive la violence comme fondement de son existence. Et cette violence transparaît dans la forme cinématographique. Rarement on aura vu cinéma plus frénétique : plans accélérés, gros plans sur des trognes grotesques, caméra au ras-du-sol lors des poursuites automobiles, etc... L’ivresse de la vitesse contamine jusqu’au film.
Dans ce monde, il n’y a d’autre salut que cette religion post-capitaliste et jusqu’au-boutiste : toujours plus loin, toujours plus fort, toujours plus vite. N’y restent plus que l’essence, les bagnoles et leur tempo proprement cinématographique.
Mel Gibson reprend fidèlement son rôle de Max. L'acteur impose lui-même le look de son personnage, arborant notamment la manche droite coupée (suggérant les soins apportés à son bras écrasé par un motard dans le premier film), une armature à la jambe gauche (suites de sa blessure causée par un tir de fusil dans le premier film), deux doigts de son gant droit découpés pour pouvoir mieux recharger son arme et enfin des outils et des pièces de rechange pour sa voiture. Une tenue devenue culte !
Si Mad Max a connu une distribution internationale donnant à George Miller une véritable renommée, Mad Max 2 : The Road Warrior provoque un impact beaucoup plus important ! Le film va propulser Mel Gibson de jeune premier australien à véritable vedette hollywoodienne. Le film lui-même va susciter une vague de films post-apocalyptiques avec des affrontements routiers un peu partout dans le monde.
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Créée
le 14 mai 2024
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