👉 1er juillet : Les extraits de commentaires sont à nouveau disponibles dans les feeds 🥳.
Et toutes les mises à jours sont à retrouver ici : journal de bord de SensCritique.

Magnolia te prend et t'emmène. C'est un fait.
Si tu restes à quai, c'est que tu n'as pas de cœur.
Et puis c'est tout.

C'est comme une farandole mais avec des gens, un manège qui te fait croire qu'on va parler coïncidences alors que Paul Thomas Anderson t'emmène sur le chemin du paradoxe : la solitude sous toutes ses formes dans une mégapole. Bon il tourne ça au mélo, mais même si c'est un peu maladroit, un peu gros, quand c'est bien fait, on peut avoir envie d'en reprendre.
Anderson est malin, il sait y faire. Il te ferre en entretenant d'abord sa filiation avec Scorsese puis, il met ça de côté et opte pour du plan fixe à profusion. Et là, si t'as pas les acteurs, ça peut tourner en eau de boudin. Par chance, il les a.

C'est l'histoire d'une fille qui retrouve le sourire mais aussi celle d'un has been qui veut se refaire les dents pour donner de l'amour.
Il embrassera le macadam.
C'est l'histoire d'un type qui passe sa vie à écouter les gens mourir.
C'est l'histoire d'un mec qui est un peu Dieu et qui s'est fait tout seul.
C'est l'histoire d'une femme qui perd son homme et se rend compte qu'elle l'aime à en crever.
C'est l'histoire d'un flic qui perd son flingue. C'est l'histoire d'un type qui perd son boulot.

C'est comme un fil.
Il dépasse, alors tu tires dessus.
Et d'autres fils viennent.
Une phrase de quelques mots. Tu y reviens encore et encore, tu l'étoffes et ça fait une histoire.

Six histoires qui n'en font qu'une grande.
Ça se passe dans la Vallée de Los Angeles.
Il y a un vieux qui ressemble à un cadavre. Le crabe le dévore, consciencieusement.
Il meurt à la maison, comme dans les films. Sa femme, qui est beaucoup plus jeune que lui, vit assez mal la situation. C'est compréhensible même si on imagine qu'elle a la vie devant elle et quand on contemple le palace, du pognon pour voir venir. Sauf qu'elle l'aime. Elle l'aime comme elle ne l'a jamais aimé. Et pourtant, c'est trop tard, il en est à ses derniers souffles. Ce n'est plus qu'une ombre perdue au milieu d'un grand lit. Et elle prend tout ça pour elle, comme une punition personnelle de Dieu, l'ardoise à régler pour ses années de mensonges et de tromperies.
C'est l'histoire d'un mec qui picole tellement et depuis tellement d'années qu'il se contente de tourner comme un robot, de répéter les mêmes mots. Ça tombe bien puisqu'il bosse à la télé dans une émission qui n'a pas bougé depuis trente ans. Comme sur des roulettes mais c'est quand même pas ça. Alors, quand le crabe vient à son tour lui caresser les chevilles, il cherche sa fille pour s'excuser. Mais elle n'en veut pas. Alors elle tamise de la farine en la faisant passer par ses narines.
C'est l'histoire d'un gamin qui sait chanter Carmen en français et qu'on n'y comprend rien. Il aimerait être un enfant mais ce n'est qu'un jouet, au mieux un animal savant qu'on aime exhiber.
C'est l'histoire d'un homme qui vient pleurer ce père qui n'en a jamais été un, lui cracher sa haine juste avant qu'il parte. Pour que ça l'accompagne lors du grand voyage. Et qui veut le retenir. Tant pis si c'est l'heure.
C'est l'histoire d'une nuit où il a plu des grenouilles.

Jason Robards qui sortait de plusieurs semaines de coma et pour qui son rôle de Earl sera le dernier au cinéma est incroyable. Le mec qui jouait Cable Hogue pour Peckinpah. Cheyenne pour Leone. Là, tel un fantôme, prophétise et il fait de l'ombre à tous les autres, juste en bougeant difficilement ses yeux, en mimant une cigarette portée à ses lèvres.
Tom Cruise n'est pas en reste, c'est pas le genre à partir en croisière quand il faut être dans le film où il faut être et il impressionne en évangéliste du mâle, docteur es serrage de foufoune.
Julianne Moore, Phillip Seymour Hoffman, William H. Macy... enfin, je ne vais pas faire la liste, mais on est dans le costaud, c'est Ligue des Champions sur beIN, là, mon pote.

Donc je résume : Magnolia, c'est vachement bien. Faut juste avoir trois heures à écraser.
DjeeVanCleef
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à sa liste Top 100

il y a 8 ans

136 j'aime

10 commentaires

Magnolia
DjeeVanCleef
9
Magnolia

Magnolia Faux Rêveur

Magnolia te prend et t'emmène. C'est un fait. Si tu restes à quai, c'est que tu n'as pas de cœur. Et puis c'est tout. C'est comme une farandole mais avec des gens, un manège qui te fait croire...

Lire la critique

il y a 8 ans

136 j'aime

10

Magnolia
Kiwi-
8
Magnolia

PTA'l

Mais ou sommes nous ? Ce sentiment étrange de ne pas connaitre ce monde qui nous entoure, cette folie, ces coïncidences qui mènent à l'interrogation, ce plongeur qui vole dans le ciel. Pour son...

Lire la critique

il y a 7 ans

60 j'aime

7

Magnolia
Amethyste
7
Magnolia

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille.

C'est au cours de trois heures de film qu'Anderson nous fait suivre la journée de neufs personnages qui n'ont, à première vu, aucun lien les uns avec les autres. On se laisse emporter par leurs...

Lire la critique

il y a 10 ans

51 j'aime

2

Les Fils de l'homme
DjeeVanCleef
10

L'évangile selon Thélonius.

2027, un monde où les enfants ne naissent plus, comme une malédiction du Tout-Puissant, un courroux divin. Un monde qui s'écroule sous les coups des intégrismes de tous poils, où seule, la Grande...

Lire la critique

il y a 9 ans

192 j'aime

35

Inside Llewyn Davis
DjeeVanCleef
10

Like a rolling stone.

http://youtu.be/754sRFIHIrA (note le chat sur la pochette) Ça commence comme une chanson qui prend son temps. Avec une guitare, une voix et des silences. Une chanson qui raconte la vie d'un type...

Lire la critique

il y a 8 ans

184 j'aime

44

Heat
DjeeVanCleef
10
Heat

Le Crépuscule des Dieux.

Résumer ça à une fusillade, certes impressionnante, ou à un affrontement entre deux monstres sacrés du cinéma qui ne s'étaient jusqu'alors, croisés, que le temps de quelques fondus enchaînés dans "Le...

Lire la critique

il y a 9 ans

181 j'aime

11