Visuellement, Marty Supreme est une réussite totale.
La cinématographie est superbe et ressuscite les États-Unis de l'après-guerre avec des décors grandioses. Tout ce que l'on voit à l'écran possède une véritable âme. Certaines séquences sont d'ailleurs de purs moments de cinéma, comme cette course poursuite avec la police qui nous plonge dans l'ambiance d'une autre époque, ou encore cette scène nocturne à la station service, magnifiquement éclairée. L'ensemble est soutenu par une excellente bande originale qui réussit à nous tenir en haleine. Dieu que c'est beau.
Quel dommage que ce sublime habillage serve une histoire aussi creuse et un protagoniste aussi insupportable. Le scénario manque cruellement d'originalité : on y suit un gamin à qui tout réussit, qui s'invente des difficultés pour s'attribuer un mérite factice, alors qu'il ne s'élève qu'à coups de trahisons, de mensonges et de manipulations. Ce type foncièrement répugnant est campé par un acteur en roue libre, dont le capital sympathie est quasi inexistant et qui passe son temps à surjouer la colère du début à la fin. Le film reposant presque entièrement sur ses épaules, l'agacement monte très vite.
Il aurait été bien plus judicieux de développer d'autres intrigues ou personnages, car suivre ce héros sans intérêt finit par gâcher tout le spectacle.