Pas sûr que les frères Lebrun vont aimer ça. Le ping-pong, dans Marty Supreme, n'est qu'un élément de plus, une façon d'afficher la prétention supérieure d'un personnage principal antipathique et son goût de la compétition dans laquelle il ne brille pas par son fair-play. Par ailleurs, les scènes de matches sont assez platement rendues, loin de l'intensité des vraies rencontres. Alors passons, ce n'est pas un film dont le sport est le sujet, mais il est assez difficile de le définir plus avant, avec son enchaînement parkinsonien de scènes survoltées et dont la seule ambition semble être de divertir sans laisser le temps de souffler ou de réfléchir, aux basques d'un type hâbleur et pénible, dont on ne voudrait pas comme ami dans la vie réelle. Les 150 minutes se voient toutefois sans ennui véritable, mais sans passion ni émotion quelconques, vu que les effets de manche prédominent dans un récit qui ne prétend pas à avoir une seule once de crédibilité. Tout paraît destiné à hisser Timothée Chalamet jusqu'à l'Oscar, dans un de ses rôles les moins engageants, cependant, où il ne force pas son talent outre mesure. La place des femmes est quasi anecdotique dans Marty Supreme et l'ambiance des années 50 assez pauvrement restituée, au point qu'il n'est pas stupide de se demander quel est l'intérêt d'une telle œuvre, tellement soutenue par un buzz crispant, que l'on soupçonne d'essayer de jouer dans la cour des grands films américains du passé, sans en avoir réellement la moelle, eu égard à un scénario qui privilégie systématiquement la frénésie à la profondeur.