Marty Supreme est un film nerveux, furieux où Marty Mauser, le protagoniste principal, passe par tous les états d’âme car il veut tout au cœur de sa vie ( la gloire procuré par le tennis de table, l’amour frénétique des femmes, l’argent des combines les moins reluisantes) qu’il brûle par les deux bouts,démesurément.Timothée Chalamet incarne ce jeune homme avec justesse et il lui permet d’explorer des registres dramatiques variés tout en laissant la place à un casting de jeunes pousses et d’habitués des feux de la rampe. Chapeau au réalisateur pour la reconstitution des années 50, pour ses références révérentes au cinéma de Martin Scorsese, et pour le rythme endiablé distillé tout au long de ce film rocambolesque qui agrippe le spectateur jusqu’au bout. J’avoue avoir détesté l’arrogance de Marty Mauser jusqu’au trois quarts du film et de trouver certains de ses retours de bâtons amplement mérités tant il a usé la corde, son entourage pour se sentir flamber dans les arcanes de l’existence. L’épilogue habile est ce qui fait remettre les pendules à l’heure et remet Mauser face à l’essentiel de sa vie qu’il peut encore sauver au niveau sportif et personnel. Je vous recommande ce film qui vous fait oublier votre réalité pendant presque deux heures et demie, vous invite à peser les bénédictions comme les bavures d’un jeune homme d’origine juive courant après le sens de sa vie avant de le saisir, et finalement de vous avoir procuré un cinéma total vous soufflant dans les bronches pour vous malmener, vous questionner avant de vous émouvoir. Bravo à Hollywood pour avoir attrapé la déferlante de ce chambardement aussi intense.