En 1952, Marty Mauser est un jeune Américain ambitieux et plein de ressources, qui veut rejoindre Londres afin de participer à un tournoi de ping-pong qui pourrait faire connaitre le sport dans son pays, et bien entendu avec la gloire qui va avec.
Mais à trop vouloir s'approcher du soleil, on se brûle les ailes, et Marty va l'apprendre chèrement...
Marty Supreme a eu une hype démesurée lors de sa sortie en salles fin 2025, et après coup, tout ça pour ça ? Car au fond, c'est le portrait d'un sale con, qui m'est paru antipathique dès le premier plan, où se montre désagréable avec une cliente en tant que vendeur de chaussures, et qui ne va pas arrêter d'utiliser les autres à son avantage, afin de grappiller toujours de plus de dollars, quand bien même les sommes sont dérisoires. C'est l'histoire d'un jeune homme qui s'accroche à son rêve, celui de devenir champion de ping-pong, sport alors méconnu en Amérique, mais qui est prêt à tout, y compris à subir les pires bassesses, et il y a quelque chose de presque dégueulasse à nous le présenter comme une ordure finie, y compris à ignorer le future de sa maitresse, pour au fond nous le montrer comme quelqu'un de moral à la toute fin, alors qu'il n'a pas arrêté d'être néfaste.
Le tout avec une mise en scène qui semble avoir mis les doigts dans la prise, et un Timothée Chalamet qui semble hurler à chaque seconde qu'il veut un Oscar. A ce titre, les autres personnages me semblent plus intéressants comme l'actrice jouée par Gwyneth Paltrow, qui tente un retour par le théatre et dont on voit qu'elle est tenue par son mari, un riche industriel incarné par l'excellent Kevin O'Leary, un redoutable voleur de scènes. On retrouve même un flippant Abel Ferrara en homme dont son chien a été kidnappé.
Quant aux scènes de ping-pong, certains plans larges semblent suggérer que la balle a été recrée numériquement, mais elles ne procurent pas la moindre sensation d'excitation ou d'envolée, tout comme l'idée stupide qui est d'utiliser de manière anachronique des musiques des années 1980 pour une histoire se déroulant en 1952. Mais surtout, le film illustre de manière flagrante la quasi-absence de monteurs dans le cinéma hollywoodien actuel ; 2h30 pour ne raconter que ça ? Alors on en rajouter dans les emmerdes vécues par Marty (il tombe d'une étage dans une baignoire, et écrase un criminel avec son chien, ce qui va donner lieu à une partie interminable afin de gratter un peu d'argent), car on dirait que le scénario lui a aimanté tout ce qu'il y a de pire afin de lui donner une quelconque compassion.
C'est clairement un cinéma sous influences (on pense très fort à After hours), mais qui me fait regretter encore plus la scission des frères Safdie derrière la caméra, car Uncut gems était lui un film formidable, qui n'excusait jamais son personnage, et là, c'est presque insupportable.