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le 30 nov. 2014
SuivreMaurice forever
J'ai vu ce film à sa sortie en 1987, ça fait longtemps: mais lorsqu'il m'arrive de le revoir, il y a toujours des passages qui m'émeuvent. Je ne sais pas pourquoi, sans doute parce qu'il parle...
Étrange comme, selon les époques, certains cinémas peuvent briller différemment... Dans le paysage cinéphile des années 90, James Ivory avait l’image d’un réalisateur académique et ennuyeux, spécialiste des sages et impeccables adaptations littéraires acclamées par Télérama, tel un représentant du bon goût et des consensus mous de son temps. En le découvrant enfin aujourd’hui, je m’étonne de rencontrer un cinéaste autrement plus précieux : <em>Maurice</em> est confortable certes, comme l’est tout film semi-académique, mais aussi marqué par une superbe sérénité (récit plein de tact, plein d’humilité) qui effleure son histoire douloureuse comme du bout des doigts (la sobre lumière de Pierre Lhomme en est un bon exemple). Quelle curieuse oasis, dans le paysage cinématographique actuel, quel ressourcement que ce calme et cette mesure, cette absence d’épanchements dans la forme, qui jamais pourtant ne nie au récit son potentiel mélodramatique. Il est difficile d’identifier l’exacte distance qu’Ivory a vis-à-vis de ce monde dandy : s'il se refuse à totalement jouir de son imagerie (comme avait pu le faire un <em>Pique-Nique à Hanging Rock</em>, par exemple), s’amusant tout juste à la pervertir gentiment (l’ouverture), il est évident que ce monde Edouardien, ces fraternités de Cambridge, sont tant condamnés par le scénario que filmés avec amour... Le film tient tout entier à ce genre d’équilibre souverain. À l'image de ses personnages, il semble à la fois issu de la haute société et tenu au secret : tenant de la grande adaptation officielle (dont il a le maintien, la parure académique), et qu'on devine pourtant infiniment personnel.
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Créée
le 11 août 2026
Critique lue 3 fois
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le 30 nov. 2014
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le 29 sept. 2022
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