À l’instar de Paul Verhoeven dans Elle (2016), Nagisa Ōshima investit le cinéma français à la manière d’un savoureux jeu de massacre qui fait imploser la bourgeoisie en exploitant ses fragilités congénitales. Car le chimpanzé, dans Max mon Amour, incarne le retour de la bestialité et du désir brutal au sein d’un microcosme régi par les apparences : les amants se suivent et sont connus, les bouquets de fleurs abondent pour remercier, excuser, acheter une paix illusoire. Nul hasard si le bilinguisme occupe une place de choix : aux langues officielles – le français, l’anglais – s’oppose un langage secret et bestial qui les rassemble toutes et fait communier les personnages dans un même trouble.


L’amour, chez Ōshima, relève de l’incontrôlable et du tabou ; il trouve son corollaire dans la chasse, activité évoquée à de nombreuses reprises et qui change les êtres en prédateurs bien plus dangereux que ledit Max, primate plutôt calme qui finit par céder à la mélancolie. De ce renversement des perspectives, représentant les hommes en animaux curieux et le singe en hôte érotique, le cinéaste japonais tire une farce cocasse dont l’absence de vigueur rythmique – son principal défaut – traduit à l’écran la domestication des pulsions de l’homme moderne, l’atrophie d’un désir que l’on attise en regardant par le trou d’une serrure.

Créée

le 26 juin 2021

Critique lue 504 fois

Critique lue 504 fois

7

D'autres avis sur Max mon amour

Max mon amour

Max mon amour

6

Boubakar

6753 critiques

Zoophile d'ici !

Alors, il faut s'accrocher ; Max mon amour est un film français, réalisé par Nagisa Oshima, un japonais, et dans lequel les personnages principaux sont des anglais vivant à Paris ! Le mari, un...

le 31 juil. 2019

Max mon amour

Max mon amour

8

Jean-Mariage

1256 critiques

Le charme discret de la zoophilie

Max mon amour ou le charme discret de la zoophilie. Le film a vraiment un côté Buñuel pour son humour à froid et sa peinture de la grande bourgeoisie, ainsi que la façon d'inclure des choses...

le 6 janv. 2019

Max mon amour

Max mon amour

5

porygonzero

56 critiques

Le singe qui ne nous apprendra pas à faire la grimace.

Une bourgeoise tombe in love d’un primate sur lequel elle a flashé dans un zoo (bah voyons, moi j’avais bien aimé un renard polaire une fois…), alors elle le pécho dans un appart « au quatrième sans...

le 10 mai 2013

Du même critique

Astérix & Obélix - L'Empire du milieu

Astérix & Obélix - L'Empire du milieu

2

Fêtons_le_cinéma

3787 critiques

L’Empire sous-attaque

Nous ne cessons de nous demander, deux heures durant, pour quel public Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu a été réalisé. Trop woke pour les Gaulois, trop gaulois pour les wokes, leurs aventures...

le 1 févr. 2023

Sex Education

Sex Education

3

Fêtons_le_cinéma

3787 critiques

L'Ecole Netflix

Il est une scène dans le sixième épisode où Maeve retrouve le pull de son ami Otis et le respire tendrement ; nous, spectateurs, savons qu’il s’agit du pull d’Otis prêté quelques minutes plus tôt ;...

le 19 janv. 2019

Ça - Chapitre 2

Ça - Chapitre 2

5

Fêtons_le_cinéma

3787 critiques

Résoudre la peur (ô malheur !)

Ça : Chapitre 2 se heurte à trois écueils qui l’empêchent d’atteindre la puissance traumatique espérée. Le premier dommage réside dans le refus de voir ses protagonistes principaux grandir, au point...

le 11 sept. 2019