Le cinéma, ce ne sont pas que des twists à répétition et des travellings affolants. C'est aussi un écrin où peut s'exprimer la douceur d'une narration qui n'a l'air de rien mais qui en dit beaucoup sans asséner ses vérités. C'est le cas de presque tous les films de Mia Hansen-Love, une réalisatrice qui imprime une élégance et une sensibilité extrêmes à tous ses scénarios. Un peu comme Mikhaël Hers dont on vient de voir Amanda, son meilleur film. Maya n'atteint pas le niveau de Le père de mes enfants, par exemple, mais n'en reste pas moins un long-métrage qui mérite d'être vu, pour ses qualités discrètes et subtiles. Son héros est un reporter de guerre, une figure familière du cinéma contemporain, otage durant plusieurs années au Moyen-Orient et qui va se reconstruire peu à peu. Quel autre endroit que l'Inde et Goa pour entreprendre un tel ouvrage ? Le sujet peut paraître bateau et la localisation trop exotique pour être honnête et il faut bien avouer que le film tombe à plusieurs reprises dans le piège de la carte postale touristique. Heureusement, le personnage de Maya, à l'opposé du caractère de celui de son héros, apporte un contrepoint idéal. Et l'on peut alors se laisser porter par le ton du film, mélancolique et romantique, sans tomber dans la mièvrerie. C'est entendu, Mia Hansen-Love a fait bien mieux par le passé mais le film possède un charme un peu évanescent et une suavité bienveillante et caressante. C'est parfait quand le temps est froid et humide à l'extérieur.