Maya, c'est d'abord une ambiance très bien posée par Mia Hansen-Løve: nonchalante, lascive, moite, tropicale; dépaysante, lointaine, autre; légère, volatile, éphémère et passagère.
Passagère en effet, car ce n'est qu'une parenthèse dans la vie mouvementée - c'est le moins qu'on puisse dire – de Gabriel. Car entre deux reportages de guerre, et après quatre mois de captivité qui auraient pu se solder par une décapitation, Gabriel, a besoin d'évasion: voilà pourquoi il conduit son scooter sans casque, prend des sens interdits, porte une arme illégale dans la poche, va de ville en ville, change constamment de maison, se fume des joints avant de se coucher, n'a pas de scrupules à pratiquer le papillonnage sexuel. Après la privation de mouvements, il veut enfin éprouver la liberté, l'étreindre, jouer avec ses limites, s'en enivrer le temps d'une escapade.
Puis, le voilà reparti, prêt pour le combat dont personne ne connaîtra l'issue. Pour nous spectateur, l'évasion a aussi fonctionné : jamais le cinéma n'a autant servi en temps d'enfermement contraint.