Mémoires d’un escargot
7.5
Mémoires d’un escargot

Long-métrage d'animation de Adam Elliot (2024)

Quel plaisir de retrouver l’univers et le regard si singulier d’Adam Eliott.

Il a fallu attendre 15 ans après l’excellent « Mary et Max » dont on peut préférer la narration épistolaire à la structure en flash-back ici présente, son faux noir et blanc et son originalité ; ce nouvel opus étant finalement peu surprenant tant il est dans la même continuité.

Cette rareté n'est pas étonnante tant ses films, bien qu’assez accessibles, ne correspondent pas aux standards classiques en termes de forme/fond et ne sont pas destinés à un public cible bien identifié.


Son visuel trop « rond » et « grossier » peut paraitre enfantin et simple pour un regard adulte non avisé ; en réalité on s’imagine facilement la quantité de travail pour arriver à une telle maitrise du stop motion avec des textures tangibles et des multitudes de détails conférant au long-métrage une poésie sans équivalent (à l’exception de « Mary et Max » donc).

Le côté cabossé des personnages se traduit littéralement par leur design si particulier.


Quant au fond ,il est bien trop noir et tordu pour les enfants; à déconseiller sous 12 ans : on y parle de mort, maladie, vieillesse, solitude, éveil à la sexualité, coming out, suicide, maltraitance et relation toxique.

Le programme est lourd sur le papier mais la grande force d’Adam Eliott est de donner une légèreté salvatrice à son récit. On retrouve cet humour noir typique du réalisateur ; un bémol sur la voix off peut-être un peu trop présente : il gagnerait à laisser respirer ses personnages pour gagner en puissance.

On sent tout de même le cinéaste profondément attacher à ces laissé-pour-compte/losers/marginaux malmenés par le destin mais qui trouveront la force de se battre contre la fatalité d’un destin qui leur met souvent des bâtons dans les roues.

Les rêves, l’espoir et le bonheur peuvent présents dans un amour fraternel au-delà de la distance, une relation complice avec une vieille dame espiègle

dont la lettre posthume servira d’électrochoc à l’héroïne

ou bien dans une promesse faite à un père

(la scène finale des cendres dispersées dans les montagnes russes).

On pourrait donc presque qu’affirmer qu’il s’agit d’un film optimiste donnant en tout cas foi en l’humain, à sa capacité à faire preuve de résilience, à se relever, et à sortir de sa coquille.

Doof-Warrior
7
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le 30 mars 2026

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Doof Warrior

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