Dans Mercato, Tristan Séguéla nous propose une plongée dans le monde des agents de footballeurs. Driss (Jamel Debbouze) est l'agent vieillissant et en perte de vitesse de quelques joueurs mais ne parvient plus vraiment à être sur le devant de la scène. Il est endetté auprès de types pas très clairs qui lui demandent 300 000 euros avant la fin du mercato, dans huit jours. Il doit impérativement signer un gros contrat pour sauver sa vie.
Le sujet est plutôt intéressant et parle d'un milieu méconnu. On y découvre un business où tous les coups sont permis et où l'argent est roi. La présence des hommes qui menacent Driss nous montrent que les agents n'ont pas peur d'aller du côté de l'illégalité pour s'enrichir. Cependant, le film reste à la surface du sujet et se refuse à approfondir. De fait, le film est rempli de clichés entre les joueurs capricieux, les milliardaires arabes, les magouilles dans des bowlings, etc.
Malgré un casting plutôt solide (et ambitieux !), les personnages sont superficiels et ne sonnent pas vrais. Debbouze est plutôt convaincant en agent véreux, mais les autres personnages sont caricaturaux et grossiers. Hakim Jemili, joueur star mais fêtard, ne correspond pas vraiment au rôle, plonge dans le cliché. Plus insupportable encore, le rôle de Milo Machado Graner (pourtant si juste dans Anatomie d'une chute) devient ici un adolescent qui passe son temps à faire la morale à son père. Il est lui aussi extrêmement cliché : il parle d'écologie, d'esclavagisme, refuse d'avoir un téléphone car cela pollue ...
Les dialogues sont en fait ce qui rend le film aussi mauvais. Ils sont insipides, remplis de phrases toutes faites. Les discussions sont toujours prévisibles et convenues, on n'est jamais surpris.
Ajoutez à cela un film long, très long, plein de péripéties peu rythmées et une fois de plus prévisibles qui se succèdent pour souligner l'échec de Driss. Cependant, aucune de ces intrigues n'apporte quoi que ce soit d'intéressant au film.
En fait, c'est un film qui ne trouve pas vraiment son public, qui ne permet pas d'explorer le sujet en profondeur en le résumant à des clichés. C'est dommage car c'est un sujet d'actualité important auquel beaucoup s'intéressent, comme le montrent les nombreux ouvrages et articles récents sur le sujet.