En 1927 sort Metropolis de Fritz Lang. Un film de son temps autant qu’un film du futur. La science fiction au cinéma n’est pas née avec ce film puisque qu’un certain Georges Méliès s’y était déjà essayé avec brio en 1902 mais Metropolis dictera les codes de ce que sera la SF à l’avenir. Si Metropolis étonne, c’est surtout par sa démesure : 350 heures de rush, 25.000 acteurs et figurants, des maquettes à taille humaine, de l’animation image par image, du feu et de l’eau. Sur la forme, Metropolis inspirera Chaplin pour ses Temps Modernes et donnera le ton au Soleil Vert de Richard Fleischer autant qu’à Matrix et le 5ème Élément. Le thème interpelle également. La déshumanisation de la condition ouvrière est représentée par ces travailleurs marchant au ralenti, le pas saccadé tels de bons petits soldats courbant l’échine. On parlera d’ailleurs d’expressionnisme social pour évoquer ce film. Pour autant, le propos fait débat depuis toujours. À la lutte des classes le film préfère une classe ouvrière docile qui doit attendre le messie qui saura réconcilier le patronat et les laborieux. La rébellion est ici synonyme de chaos et se voit provoquée par le démon. On reprochera au film un ton favorable au nazisme à venir. Metropolis sera d’ailleurs un film de chevet d’Hitler et Goebbels. Reste qu’il s’agit là d’une pièce maîtresse de l’histoire du 7ème art et que le réalisateur a maintes fois crié son opposition au régime nazi. Petit conseil en passant, choisissez bien votre version. Le film a connu bien des péripéties et le film entier est aujourd’hui introuvable. Pour profiter convenablement de ce chef d’œuvre absolu, je vous conseille la version restaurée de 2010 qui dure 2h30.