Alors qu'il s'apprête à rompre avec sa petite amie, un thésard en anthropologie apprend que celle-ci vient de perdre brutalement sa sœur et ses parents. Il décide donc de ne pas la quitter, et l'emmène avec ses amis en voyage en Suède, pour assister à un festival païen dans un village reculé. Quiconque a déjà vu un film d'horreur se doute que tout ceci sera loin de se dérouler sur des roses ! Pourtant, "Midsommar" est une bien jolie surprise.


Tout d'abord, le film évite pas mal de clichés du genre. Mise à part le personnage irrespectueux et lubrique de Will Poulter, on est par exemple loin des caricatures de jeunes Américains pour les protagonistes, jeunes gens curieux et déstabilisés en découvrant une autre culture. Par ailleurs, on retrouve les caractéristiques de "Hereditary" : Ari Aster cherche à créer le malaise non pas avec des jump scares à deux sous, ou avec une image sombre, mais plutôt avec des séquences réellement dérangeantes et des idées barrées... se permettant même quelques touches d'humour à l'occasion !


Le réalisateur mise ici sur des plans larges et dégagés, de jolis paysages, des couleurs vives, un temps radieux, et surtout une photographie à tomber par terre, pour distiller peu à peu l'angoisse qui se cache derrière cette secte au grand sourire et aux vêtements blancs. La forme de "Midsommar" est ainsi particulièrement soignée, avec en prime un montage affuté et une actrice principale (Florence Pugh) particulièrement talentueuse. A travers son personnage de jeune femme touchée par la mort de ses proches et sentant son compagnon distant, le film traitera les thèmes de la fidélité, de la famille et du deuil, sujets également abordés dans "Hereditary".


On retrouve aussi le thème du paganisme, visiblement cher au réalisateur, qui fait ici furieusement penser à "The Wicker Man" (1973), référence du genre. On y déniche en effet plusieurs clins d’œil, jusque dans la forme (quelques zooms lents typiques des 70's). Christopher Lee n'aurait d'ailleurs pas dépareillé ici dans le rôle de l'un des membres de la secte !


Certains reprocheront au film sa longueur, son rythme lent, et son intrigue globalement prévisible. Aussi "Midsommar" divisera son public, ceux qui n'adhèrent pas à sa forme méticuleuse d'une beauté presque hypnotisante risqueront de rester sur le carreau...

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le 27 déc. 2020

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Redzing

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