On peut réparer un robinet qui fuit, rafistoler un vélo cassé, changer un lave-vaisselle foutu, et même accorder un piano qui sonne faux, … mais peut-on réparer une famille brisée par le deuil d'un enfant, une jeune fille, partie trop tôt ?
Surtout quand on est soi-même fêlée quelque part ?
C'est le sujet du film de l'allemand Christian Petzold que l'on avait apprécié en 2012 avec Barbara (interprétée par la remarquable Nina Hoss). Le revoici avec son autre actrice fétiche : Paula Beer (la petite amie qui illuminait François Civil, l'oreille d'or du Chant du Loup).
Nous voici non loin de Berlin, le Brandebourg, dans ce qui fut Allemagne de l'Est.
Paula Beer ne va pas bien, pas bien du tout. Elle est au bord du suicide jusqu'à ce qu'elle croise par hasard le regard d'une mère dévastée. Cet échange de regard est celui d'une mère qui voit revenir le fantôme de sa fille perdue, celui d'une jeune femme qui imagine une mère attentionnée et peut-être enfin, un sens à sa vie.
Après Valeur sentimentale, c'est encore un film où il ne se passe pas grand chose et Paula Beer débarque dans une famille de taiseux où le poids des non-dits pèse très lourd.
Mais c'est encore un beau moment de cinéma porté par ses actrices et acteurs et une caméra au plus près des sentiments non exprimés.
Miroirs no. 3 est le titre d'une pièce pour piano de Maurice Ravel.