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Mouai
Après avoir été en discussion avec David Fincher puis Joe Carnahan, c'est finalement J.J. Abrams qui se retrouve aux commandes de ce troisième opus de la saga Mission Impossible. Après avoir œuvré...
le 6 juin 2015
Mission Impossible 2 avait peut-être divisé, mais il avait diablement bien fonctionné en salles.
Tom Cruise commence donc à développer un projet de suite à partir de 2002 avec rien moins que David freaking Fincher avec pour une sortie espérée pour l'été 2004.
Petit hic : entretemps Fincher se voit pitché un projet autrement plus intéressant pour lui : une adaptation sous forme de mini série de 4h et dotée d'un budget de 80M$ du best seller de James Ellroy, le Dahlia Noir.
Lorsque le projet finit par être avorté, Fincher se retrouve alors désigné sur une autre adaptation : celle du best seller de Robert Graysmith cette fois, Zodiac. Cette succession de projets couplée aux désaccords artistiques rencontrés avec la direction de Mission Impossible (en d'autres termes : potentiellement avec Cruise lui-même) expliquent pourquoi il n'est pas le réalisateur du Mission Impossible 3 que nous méritions peut-être - mais sans quoi nous n'aurions pas eu de Zodiac, alors au final on gagne au change.
Tom Cruise jette donc son dévolu sur JJ Abrams après avoir binge watché les deux premières saisons d'Alias, et une fois celui-ci libéré de ses obligations de showrunner sur Alias et Lost, la production peut enfin démarrer.
À mesure que j'avance dans cette rétrospective, c'est amusant de constater qu'on dirait que Cruise écoute vraiment les avis d'un opus à l'autre. Son premier MI manquait de personnalité ? Hop et qui s'appellerio la John Woo too much touch pour le second MI. Son second MI manquait de substance au détriment d'un trop plein de style et d'un Hunt obstiné par ses cheveux ? Hop le projet revire vers un horizon plus terre-à-terre avec l'implication d'un réalisateur tel que David Fincher et Hunt revient les cheveux courts. Un revirement finalement à moitié assumé avec l'arrivée d'Abrams à la direction, mais un revirement quand même comparé à l'opus précédent.
À sa sortie, MI3 recueille des avis plutôt positifs même si, nous y sommes désormais familiers, le consensus n'est pas total. Si de MI2 se dégageait une odeur de produit du début des années 2000 avec ses excès de style et un soupçon de James Bond à l'ancienne, MI3 affiche quant à lui l'influence à peine déguisée d'une nouvelle franchise d'espionnage qui cassait alors drastiquement les codes du genre au lieu de simplement les moderniser : Jason Bourne. James Bond était tombé en désuétude à cause de ce dernier, Ethan Hunt devait donc changer pour ne pas risquer la même chose, d'autant qu'entre-temps la réputation de Cruise n'était plus la même, désormais publiquement impliqué avec le culte de la scientologie.
Un troisième opus in fine apprécié globalement pour son rythme, son approche différente du grand spectacle comparé au précédent, son antagoniste incarné par feu Philip Seymour Hoffman, mais critiqué pour son atmosphère anxieuse, ses scènes d'action oppressives, son intrigue certes plus généreuse mais également plus confuse, et pour l'incapacité d'Abrams à transposer ses compétences de showrunner sur le poste de réalisateur d'un blockbuster.
L'accueil est donc très contrasté et, contrairement aux opus précédents, le public le fait comprendre par les chiffres puisque même si ce troisième opus parvient à cumuler pas loin de 400M$ au box-office mondial, il échoue à passer le cap des 150M$ sur le sol américain en s'arrêtant à 133M$ et donc à rembourser son budget pour la première fois de la saga.
Même son de cloche en France, où le film trébuche avant même de pouvoir passer le cap des 2 millions d'entrées - les deux opus précédents avaient passé le cap des 4 millions.
Depuis les évènements de MI2, Ethan Hunt a laissé les missions sur le terrain et est devenu un formateur pour les nouvelles générations au MIF, rangé avec sa nouvelle compagne, Julia. Lorsque l'une de ses premières recrues, Lindsey Farris, est prise en otage alors qu'elle enquêtait sur un puissant dealer d'armes nommé Owen Davian, il doit laisser ce confort de côté pour la sauver. Une mission qui échoue et dont les conséquences plongent Ethan en pleine tourmente. La mission de capturer Davian devient alors personnelle.
C'était le premier MI que j'ai vu au cinéma et déjà à l'époque j'en étais ressorti avec des sentiments partagés. Malgré cela, j'ai rapidement développé la tendance à défendre le film pour ses efforts. Avec cette nouvelle rétrospective, mon avis n'a pas trop changé non plus.
On reste sur une sortie de route mais moins indigeste et différente de celle exécutée par John Woo. C'est plus sale, sérieux, brutal, mais c'est aussi plus confus, moins fun. On gagne et perd beaucoup par rapport à l'opus précédent mais j'admets ne pas savoir si finalement le précédent dénote à ce point comparé à celui-ci. À ceci près que le charisme monstrueux de PSH et sa présence physique parcimonieuse rendent son perso bien plus mémorable que le scottish sous-Sean Bean de MI2. La romance entre Ethan et Julia, consensuelle et très tv-like, réchauffe quand même davantage le coeur que la relation érotico-beaufesque qui liait Ethan à Nyah, d'ailleurs dégagée de ce troisième opus sans explications. La scène du Vatican est débile, mais contrairement aux scènes d'action abrutissantes du film, est très prenante et divertissante, idem pour celle du pont. Les personnages sont moins des affiches de poster cliché et Cruise donne tout ce qu'il a pour apporter de la consistance émotionnelle à son alter ego cinématographique après un premier opus tout juste nerveux et un second mélodramatique et stéréotypé. On aime ou on aime pas, mais perso ça me convient sur cette tentative. Conclusion très rushée nonobstant.
En somme : la quête de la saga pour trouver son identité poursuit son bonhomme de chemin. Le fruit bâtard de l'influence de John Woo et James Bond a laissé la place au fruit bâtard de l'influence d'Adams et Jason Bourne. À la toute fin, c'est surtout une question de goût, et pour ce qui est du miens je préfère cet essai au précédent. Cela étant dit, il m'a fait relativiser l'opus précédent qui, chose rare, gagne donc un petit point de plus sur sa note.
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