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Epiphanie
Ou comment, en deux heures et dix minutes, un réalisateur de films d'animation remet au goût du jour l'actioner décomplexé. Faisant fi du scénario inconsistant (et c'est bien là le principal problème...
le 14 déc. 2011
Malgré un résultat au box-office en demi-teinte pour MI3, le studio garde confiance grâce aux retours plus positifs que sur l'opus d'avant.
Courant 2009, JJ Abrams annonce qu'il ne pourra certainement pas reprendre le poste de réalisateur, bien occupé par la sortie de Stark Trek et la préproduction de son prochain film : Super 8. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'Abrams connaît un certain Brad Bird. Le réalisateur des Indestructibles, un projet que Bird chérit depuis 1992 - petit trivia c'est cadeau, et lui cherchent depuis longtemps une occasion de collaborer ensemble.
Qu'à cela ne tienne donc : Abrams prendra la casquette de producteur (qu'il partagera avec Cruise), et il proposera celle de réalisateur à Bird.
La bonne nouvelle, c'est que Tom Cruise est très chaud à cette idée, ayant rencontré Bird peu après la sortie des Indestructibles. L'autre bonne nouvelle, c'est que Brad Bird est chaud aussi, intéressé par la perspective de collaborer avec Cruise et attiré par le droit d'apposer sa patte sur un opus de Mission Impossible comme l'ont eu chacun des précédents réalisateur. À ce trio, on pourra aussi noter la participation non créditée de Christopher McQuarrie sur la réécriture du scénario et ce même pendant le tournage.
À sa sortie, le film est très bien reçu : plus drôle et plus captivant, il offre plus de temps à l'équipe d'Ethan Hunt et propose son lot de scènes mémorables. Côté box-office c'est un succès également. Avec 209M$ aux states, il fait bien mieux que son prédécesseur et ses 133M$ mais échoue toutefois à battre MI2. Côté France il fait mieux que MI3 avec 2,4 millions d'entrées mais reste loin du carton des deux premiers. C'est au niveau mondial que la remontada se fait sentir et pas des moindres, puisqu'avec 695M$ le film fait tout simplement la meilleure perf de la franchise à ce moment-là (hors inflation comme d'hab), pavant la route pour une suite, mais avant cela de quoi ça parlait déjà ?
Des codes de lancement de missiles nucléaires russes ont été volés suite à l'assassinat de l'agent secret qui était chargé de les intercepter. L'agence IMF est obligée de sortir Ethan Hunt d'une prison moscovite afin de lui confier la mission de retrouver les coupables et de les empêcher d'utiliser les codes pour déclencher une guerre nucléaire.
J'avais également vu cet épisode au cinéma et après mon impression mitigée au sortir de MI3, c'était plus du tout la même sauce avec le 4 que j'avais adoré et que j'ai probablement le plus revu de la saga. Passé mon revisionnage pour cette rétrospective, mon avis reste globalement le même.
Rien qu'avec le pitch on devine un shift dans l'atmosphère, qui sera confirmé dès les premières minutes.
Finie la paranoïa crasseuse de MI3 : Brad Bird nous avait déjà prouvé être un immense amateur du film d'espion en pondant l'un des meilleurs du genre avec Les Indestructibles, lettre d'amour aux confins les plus kitchs du genre et bien entendu, à la saga James Bond, et il veut nous faire la doublette avec ce 4ème opus des aventures d'Ethan Hunt (toutes proportions gardées nonobstant). Il nous avait également déjà prouvé à plusieurs reprises qu'il savait traiter ses personnages avec soin, à les rendre relatables, et ça se confirme une fois encore ici à bien des égards.
Avec l'introduction dans la prison, le ton est donné : ça ne s'embourbe pas dans des effets de styles visuels ou narratifs exagérés, c'est fluide, c'est léger voire drôle, et on embarque immédiatement avec grand plaisir dans les nouvelles péripéties de nos protagonistes.
MI était le point de départ, MI2 était l'étape de la prise de confiance, MI3 était l'étape de la volonté d'être pris au sérieux, MI4 est l'étape du lâcher prise : celle où la franchise commence véritablement à trouver son point d'équilibre grâce au concours de multiples influences intelligemment catalysées par Cruise et Bird.
J'ai beau connaître le film par cœur, ses meilleurs moments comme les moins réussis, je reste bluffé par l'apparente simplicité avec laquelle il se déguste. J'apprécie de passer plus de temps avec l'équipe, j'apprécie leur écriture et les dialogues plus efficaces. Les scènes d'action et d'infiltration sont inventives, divertissantes, drôles, prenantes, et évidemment la pièce maitresse de cet opus est une masterclass. Visuellement c'est beaucoup plus agréable, idem pour l'histoire. La musique de Giacchino retrouve les airs jazzy déjà appréciés sur Les Indestructibles ou Ratatouille et qui donnent un vrai charme intemporel au film (j'aime vot' reprise Limp Bizkit, mais c'est so 2000 quoi).
Pour moi les seuls vrais points noirs résident dans plusieurs moments d'essoufflement et l'antagoniste qui a le charisme d'un tronc d'arbre, une déception d'autant plus forte quand on se remémore l'indiscutable présence de Philip Seymour Hoffman - une des rares qualités - du précédent opus. On pourrait aussi remettre la moindre action en question si l'on se pose 5min, sauf que ça marche avec tous les opus, donc on se laisse porter par le flow et on apprécie le spectacle.
Et dieu qu'il est bien ce spectacle.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de la saga Mission impossible
Créée
le 19 juin 2023
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