Mission: Impossible - The Final Reckoning par Arthur-la-mûr

(3.25).


Il valait bien les 2h50. Des scènes d'action qui s'approprient toujours les environnements, et les exploitent avec intelligence sans virer aux délires assumés pour garder le ton général, constitue une qualité incontestable du film. On explore beaucoup de paysages auxquels on rend justice par l'inventivité mesurée des metteurs en scène. Ils ont été capables de mettre au point des situations très jouissives en maintenant une politique économe concernant ce qu'ils s'autorisent à modifier d'un environnement. On pense surtout à l'idée du sous-marin Sébastopol en train de se retourner faisant abolir la fixité de la gravité, et à l'affrontement entre Hunt et Gabriel dans des avions civils qui ne peuvent pas se mitrailler à distance.

J'avais eu peur aux deux tiers du film de constater que la plupart des sous-intrigues ouvertes n'étaient toujours pas conclues ni reliées à la trame centrale. Mais il s'avère que le dernier segment emballe bien le cadeau, on n'a pas du tout l'impression qu'il y a des précipitations scénaristiques, ce qui est assez remarquable compte-tenu de la densité des informations.

Et qu'il y ait des enjeux d'ordre mondiaux lors de la plupart des affrontements n'est jamais une excuse pour négliger le travail de mise en scène du suspens, preuve de sa lucidité et qu'il garde une distance avec le sérieux solennel d'un blockbuster sans âme.

Assez étranger aux Missions Impossibles, j'aurais du mal à l'évaluer par rapport aux autres opus, en particulier si la présentation brusque de l'Entité lors de la première minute est un motif habituel. Mais quoi qu'il en soit, c'est plutôt intelligent de tout déballer dès le départ sans chercher à lui donner une autre importance que d'être la raison d'être de l'intrigue. Elle existe en toile de fond, ce n'est même pas une IA à qui on donnerait un nom, c'est simplement une "Entité", qu'on veut faire oublier, et qui permet par-là de rappeler que ce qui empêche le salut de l'humanité, c'est la difficulté à céder sa confiance. (Il y a cette scène sur l'île Saint-Mathieu où Grace et un commandant russe reconnaissent que s'ils avaient été dans la situation de l'autre, ils n'auraient pas consenti à ce qu'ils sont en train de demander).

Bien sûr le film ne brille pas par la finesse de son propos, mais il en a bien conscience, et a la modestie, que n'ont pas beaucoup de films d'auteur, de s'en tenir à bon standard balisé. Même si on peut quand même un peu tout peu trouver à redire de la voix-off-Luther final qui professe mille leçons de vie sur fond de musiques lyriques victorieuses. C'est dommageable pour la sagesse générale du film à ne pas se croire pourvoyeur de vérités universelles, et à rester sur des considérations propres au contenu des intrigues.


On peut toujours lui reprocher c'est ce qu'il n'a jamais caché être, à savoir un blockbuster tous publics, mais ce serait mesquin d'enfoncer une telle porte ouverte, et de lui en vouloir d'avoir fait ce choix avant de lui reconnaître ce qui l'en distingue de beaucoup d'autre.

Arthur-la-mur
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le 10 juil. 2025

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