4
le 18 mai 2012
SuivreAu Royaume de l'ennui
Je ne connaissais pas Wes Anderson mais les louanges et les dithyrambes entendus ou lus ici ou là me faisaient augurer du meilleur. C'est donc avec un enthousiasme non feint que je suis allée voir...
J'avoue que je ne connaissais pas l'oeuvre de ce réalisateur pourtant adulé par mes éclaireurs, Wes Anderson. Je n'avais à vrai dire aucune opinion sur lui, m'étant jusqu'à alors assez peu intéressé à ces films. Et, un soir de déprime, on me recommande Moonrise Kingdom. Et là, quelle cure de jouvence, un vrai petit régal, délirant, extravagant, un microcosme de jubilation, porté par un casting incroyable (Kara Hayward est une vraie révélation et Bruce Willis, méconnaissable).
Tout se déroule sur une petite île au large de la Nouvelle-Ecosse dans les années 60, un microcosme qui convient parfaitement à Wes Anderson qui peut alors développer son univers si particulier, une sorte de société miniature, pleine d'extravagance. En témoigne le narrateur, qui ponctue le film de ses interventions, devenant même à un moment un acteur de l'action, recadrant les autres personnages du film. De même, le plan d'introduction du film où la maison des Bishop semble tourner autour de la caméra, montrant pièce par pièce chaque membre de la famille avant de s'attarder sur Suzy, l'héroïne du film. Cette mise en scène si particulière, si singulière contribue à l'atmosphère tendre, enfantin du film.
Car c'est un film sur la fin de l'enfance, celui de deux jeunes de 12 ans tombant amoureux et décidant de s'enfuir pour vivre leur amour. A cela s'ajoute leurs problèmes personnels : Suzy est une fille rebelle et perturbée, Sam, un scout qui campe dans les environs, est orphelin. Autour d'eux des personnages extravagants : un Bruce Willis en chef de police déprimé et incompétent, Edward Norton en chef scout looser mais adorable, Bill Muray en père de famille trop occupé par son métier d'avocat, Jason Schwartzman en grand scout filouteur et adepte de tous les trafics.
Cette extravagance des caractères montre que le point de vue du film est un point de vue d'enfant. Cela est renforcé par l'immensité des camps scouts qui semblent être de vrais camps militaires retranchés, par les improbables évènements qui ponctuent le film : un éclair qui tombe sur un des protagonistes, une inondation et une tempête dantesques ; le film se fond avec l'imaginaire des héros du film qui sont tous des enfants. Les adultes, à l'inverse, semblent constamment dépassés par les évènements tout en étant très tristes. Seuls les enfants animent, colorient ce monde et le font vivre avec leur imagination.
Puis il y a cette histoire d'amour, touchante, sincère, émouvante, celle du premier baiser, des maladresses, des interrogations. On se rappelle forcément nos propres émois amoureux, l'été, en vacances. Les deux enfants semblent entrer dans l'adolescence, gagner en maturité, vivre leur histoire avec une indépendance et une détermination rare. Ils se marient symboliquement, s'enfuient à deux, vivent en adulte et c'est précisément en cela que Wes Anderson inverse les rôles dans ce film, donnant le pouvoir véritablement aux enfants qui sont finalement plus mûrs, courageux et débrouillards que les adultes.
Ce film est d'une fraicheur rare, une véritable bouffée d'oxygène, nostalgique, poétique, drôle et sensible, servi par une mise en scène originale et un casting royal.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les plus belles histoires d'amour au cinéma, 2015 : une nouvelle année cinématographique (2), Les meilleurs films avec des rôles tenus par des enfants, Les films qui rendent heureux et Ces rêves de gosse
Créée
le 26 mars 2015
Critique lue 321 fois
4
le 18 mai 2012
SuivreJe ne connaissais pas Wes Anderson mais les louanges et les dithyrambes entendus ou lus ici ou là me faisaient augurer du meilleur. C'est donc avec un enthousiasme non feint que je suis allée voir...
9
le 20 févr. 2014
SuivreDans ce film remarquable, une scène m'a marqué. Nous sommes sur une petite plage déserte d'une minuscule île quasi-inhabitée de Nouvelle-Angleterre. Deux ados fugueurs installent un tourne-disque...
7
le 27 juin 2012
SuivreUne histoire d'amour entre gosses, ce n'est pas si courant finalement... On pense beaucoup à A Little romance de George Roy Hill, bien sûr, enfin pas forcément tout le monde non plus, on doit être...
8
le 26 déc. 2013
Suivrele 16 avr. 2014
Le film se veut réaliste. Mais pour un film sur le mysticisme, sur un personnage aussi mythique, mystérieux et divin que Jésus, il y a rapidement un problème. Le réel se heurte à l'indicible. Pour...
5
le 7 juil. 2023
SuivreLe film augurait une promesse, celle de parler enfin de l’histoire africaine, pas celle rêvée du Wakanda, pas celle difficile de sa diaspora, l’histoire avec un grand H où des stars afro-américaines...
7
le 31 oct. 2018
SuivrePaolo Sorrentino est influencé par deux philosophies artistiques en apparence contradictoires : la comedia dell'arte d'une part, avec des personnages clownesques, bouffons, des situations loufoques,...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème