Cole Reed, c'est un dur, un vrai, l'inoxydable Jason. Et quand son boss se fait dessouder, il se lance dans l'enquête parce qu'en plus d'avoir le crane solide, il l'a bien rempli – en même temps il ne faut pas 5 secondes pour se douter de qui est l'infâme. Il échappe à la police qui le croit coupable, prouvant ainsi qu'à force de traquer le crime les policiers n'ont pas le temps de voir les films avec Jason Statham dont le pitch contient systématiquement "machination". Cole remonte rapidement les étapes en cassant quelques coudes jusqu'à un bateau contenant un secret que révèle la bande annonce.
Le pitch ment car Jason peu compter 1/ sur l'aide d'Annabelle Wallis qui avait plus de caractère avant sa rhinoplastie (merci ses agents pourris) et apprend pour l'occasion à se servir d'un automatique, et 2/ sur le concours de l'armée américaine qui envoie des tas de bateaux et des tas de seals ou équivalents.
J'essaie d'éviter de tout divulgacher, car entre "machination" et "gagne à la fin" il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent en termes narratifs. On peut louer une exploitation correcte des lieux pendant 45 minutes, qui permet d'entretenir un semblant de suspense en dépit de "gagne à la fin". On n'en attend pas moins de Jean-François Richet qui sait filmer de la violence avec une certaine brutalité, notamment dans ses premiers films, et ne se contente pas d'être un tâcheron pour plateformes molles.
Las, l'association Statham / Richet ne fait pas des étincelles, car le réalisateur se met un peu trop au service de l'acteur / producteur du film. Ce dernier sert surtout à mettre en scène l'actionner qui surjoue le héros valeureux, élégant – peut-on se passer d'un cardigan si on est moderne ? – et goût des grosses cylindrées, un brin beauf quand même. Ca saigne pas mal, mais sans réellement susciter d'émotion, et JF Richet a pu tirer davantage de Butler qui pourtant joue comme une chaise, de Gibson ou de Hawke, pour ne parler que des états-uniens.
Bref, qu'est-ce que Richet allait faire dans cette galère ? Je n'arrive même pas à me dire que j'ai passé un moment divertissant.
MàJ donc : la bande annonce est mieux que le film ! Elle est rythmée et pleine d'une promesse qu'on aurait aimé que le film tienne. Tant mieux pour elle, tant pis pour lui.