Après avoir violé une femme dans une ruelle à Manchester, un homme pique une voiture et part se réfugier à Londres, où il va se réfugier chez son ex-petite amie, qui vit en colocation.


Le cinéma de Mike Leigh a souvent quelque chose de sombre, voire de désespéré, mais est-autant le cas que dans Naked ? Car là, comme son titre l'indique, c'est la nudité d'un homme, joué par le formidable David Thewlis, qu'on va explorer sur plus de deux heures, un homme pourri jusqu'à la moelle, dont on sait dès le départ qu'il va être irrécupérable moralement parlant, et qui s'accroche malgré tout à la vie, notamment par son ironie ainsi que par son cpôté détaché.

Malgré la morale très contestable de ce type, qui ressemble vraiment à un vagabond avec son apparence négligée, le film tient en quelque sorte haleine par la force de sa mise en scène, et par ce principe cher à Mike Leigh qui est que les acteurs et actrices se doivent d'improviser à partir d'un canevas. Ce qui donne lieu à des monologues souvent passionnants, particulièrement de la part de [la regrettée] Katrin Cartlidge, colocataire de Louise Sharp (la petite amie de Thewlis), une femme elle aussi perdue, qui semble s'offrir à n'importe qui, y compris à un pervers narcissique qui loge aussi avec elle et qui aime se balader en slip (très) moulant.


Peut-être que le film est un peu trop long, il dure plus de deux heures, mais il propose un portrait sans concessions d'une ordure totale, dont on pourrait lui donner un brin de compassion durant quelques instants, celui où il va se faire voler ses papiers puis se faire tabasser, mais il n'y a rien à faire, la rédemption n'est pas possible pour tout le monde, aussi bien par son geste initial, un viol qu'on voit dès le premier plan du film, jusqu'à la fin, où il va faire un dernier geste pathétique pour survivre encore et encore.


Disons que je ne conseillerais pas Naked à ceux ou celles qui veulent voir quelque chose de guilleret, car c'est d'un pessimisme sombre, mais le film vaut largement le coup par la puissance de son interprétation.

Boubakar
7
Écrit par

Créée

le 6 févr. 2023

Critique lue 81 fois

Naked

Naked

8

Velvetman

le 12 déc. 2014

Suivre

Naked

Johnny est l’homme qui murmurait aux oreilles des âmes déchues. Un parolier de la mélancolie, un poète macabre de l’apocalypse. Il est la petite voix qui se fraie un chemin dans votre esprit pour se...

Naked

Naked

7

guyness

le 13 août 2012

Suivre
Dernière modification

le 16 août 2012

Femme qui pleure, à moitié dans ton cœur

Il y a quelque chose de très étrange dans la construction de "naked".  Comme si Mike Leigh avait eu envie de créer un genre nouveau, le cinéma "demi-vérité".  Comment expliquer, si ce n'était pas le...

Naked

Naked

7

oso

le 6 mars 2014

Suivre

Du charbon dans les yeux

Impossible de rester de marbre devant la noirceur qui habite Naked. Film dépressif par excellence, il marque surtout les esprits par la performance sans limite de son acteur principal, l'excellent...

Prey

Prey

3

Boubakar

le 7 août 2022

Suivre

Leave Predator alone !

Au XVIIIe siècle, sur le territoire des Comanches, une jeune indienne, Naru, va devoir faire face à une créature inconnue qui a le pouvoir de disparaitre... Le carton de Predator, le film signé John...

Massacre à la tronçonneuse

Massacre à la tronçonneuse

3

Boubakar

le 18 févr. 2022

Suivre

On tronçonne tout...

(Près de) cinquante ans après les évènements du premier Massacre à la tronçonneuse, des jeunes influenceurs reviennent dans la petite ville du Texas qui est désormais considérée comme fantôme afin de...

Total recall

Total recall

7

Boubakar

le 11 nov. 2012

Suivre

Arnold Strong.

Longtemps attendues, les mémoires de Arnold Schwarzenegger laissent au bout du compte un sentiment mitigé. Sa vie nous est narrée, de son enfance dans un village modeste en Autriche, en passant par...