Nickelodeon de Peter Bogdanovich, c'est un peu le Babylon de Damien Chazelle avant l'heure, revisité à la manière du Nouvel Hollywood.
Je m'explique. Nickelodeon nous plonge dans les balbutiements du cinéma, en choisissant la voie du burlesque plutôt que celle de la reconstitution solennelle. Le film existe en deux versions, l'une en couleur et l'autre en noir et blanc, chacune offrant une approche différente de cet hommage aux origines du septième art.
Peter Bogdanovich réunit un casting remarquable, avec la famille O'Neal, Burt Reynolds et Brian Keith, qui insufflent une énergie communicative à cette fresque aussi chaotique que chaleureuse. Le réalisateur célèbre une époque révolue avec une tendresse évidente, sans jamais perdre de vue le plaisir du spectacle.
À sa sortie, Nickelodeon fut pourtant un échec commercial, d'autant plus marquant qu'il s'agissait d'une production ambitieuse et coûteuse. Un revers qui a longtemps éclipsé les nombreuses qualités du film.
C'est regrettable, car Nickelodeon mérite largement d'être redécouvert. Sa mise en scène, inventive et généreuse, témoigne du talent de Bogdanovich pour orchestrer le mouvement et le comique, tandis que son scénario enchaîne les situations cocasses avec un sens du rythme remarquable. Plus qu'une simple comédie, c'est une véritable déclaration d'amour au cinéma naissant, portée par un enthousiasme contagieux.