Moi je me lève pour cette bien belle Nola
Nola vit son premier jour de permission après des années de prison.
Qui est cette Nola ? Pourquoi est-elle sous les verrous ?
A cela Askia Traoré n'y répondra pas, tout comme il ne fera pas de cette journée exceptionnelle, au sens littéral du terme, un moment où s'enchaîneraient émotions et évènements.
Non, ce réalisateur tchadien, dont c'est le premier film, semble avoir une telle confiance en sa caméra qu'il fait l'économie de tout plan, image, situations, dialogues superflus. Là où tant de réalisateurs médiocres se croient obligés, afin de combler le vide de leur cinéma, de tomber dans la mise en scène épileptique et de faire dans le bavardage inutile, Askia Traoré, lui, compte sur les yeux de son actrice, la sublime Mata Gabin, pour nous parler, pour nous transmettre toutes les émotions du monde, prouvant ainsi que quand le minimalisme est ainsi maîtrisé, il permet d'approcher de très près la quintessence de l'art.
En espérant qu'un producteur courageux permette un jour à ce digne héritier de Pialat ou autre Dumont de confirmer son talent en lui donnant les clés d'un long-métrage.