Une proposition honnête mais incomplète !

  • Avec Normal, le long-métrage s'impose comme un thriller noir d'une honnêteté appréciable, décrochant la note de 6/10. Sans réinventer le genre, le film offre un spectacle divertissant et maîtrisé sur le plan visuel, mais il pâtit de facilités d'écriture qui l'empêchent de viser plus haut.
  • ​Dès l'ouverture, le récit frappe fort : la scène d'introduction remet immédiatement les pendules à l'heure et plonge le spectateur sans détour dans l'ambiance. Cette entrée en matière percutante installe une tension directe et pose les bases d'un enjeu clair. Au cœur du dispositif, Bob Odenkirk confirme tout son talent. Dans la peau d'Ulysses, shérif intérimaire projeté malgré lui dans une spirale incontrôlable, l'acteur déploie une palette d'émotions d'une grande finesse. Sa capacité à incarner la fatigue d'un homme ordinaire apporte une crédibilité immédiate. Autour de lui, le casting secondaire livre une partition sans fausse note, insufflant ce qu'il faut de menace et d'humanité à cette petite ville provinciale.
  • ​La force du métrage réside également dans sa facture technique. La mise en scène se montre fluide et attentive aux détails, parfaitement mise en valeur par un travail remarquable sur la photographie. Les jeux d'ombres, la palette de couleurs ténébreuses et la gestion des espaces clos créent une atmosphère poisseuse très réussie. Le point d'orgue de cette réussite esthétique reste la scène du restaurant : un moment d'une tension psychologique rare, où le découpage, le rythme et le placement des comédiens témoignent d'une véritable maestria cinématographique.
  • ​Cependant, le scénario se révèle être le maillon faible de l'entreprise. L'histoire, bien qu'efficace et agréable à suivre après cette excellente entame, souffre d'un manque d'originalité et évoque trop ostensiblement des références déjà vues au cinéma. Plus problématique encore, le dénouement choisit une forme de facilité agaçante. Le traitement réservé aux deux personnages qui s'emparent des lingots d'or laisse un goût amer de travail inachevé. En interrompant leur trajectoire nette après leur fuite, la narration prive le spectateur d'une vraie conclusion. Voir ces personnes profiter de leur butin, que ce soit sous les palmiers d'une plage paradisiaque ou à travers un tout autre épilogue marquant, aurait apporté la satisfaction narrative indispensable pour clore le récit en beauté.
  • ​Normal demeure ainsi une œuvre recommandable pour la force de son ouverture, la prestation de Bob Odenkirk et la beauté de sa photographie, mais son incapacité à soigner sa fin le condamne à rester un simple bon moment de cinéma.
DirtyVal
6
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Créée

le 17 sept. 2026

Critique lue 9 fois

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