Avec ce documentaire qui parle du cinéma d'exploitation australien des années 1970-1980, Mark Hartley nous parle de films que peu de gens ont sans doute vus. Il y a les plus connus, comme Razorback, Road Games, Mad Max, ou encore Les voitures qui ont mangé Paris, mais ce qu'on voit dans ce docu fait saliver pour qui aime le mauvais gout dans le cinéma.
Par exemple, je ne savais pas que l'Australie était précurseure dans la comédie érotique, avec un film qui va lancer le genre, mais aussi placer le pays sur la carte du cinéma ; Stork. Qui a l'air d'être une comédie débile où tout le monde, femmes et hommes, se fiche à poil. Il faut dire qu'à cette époque, le pays vivait dans une quasi-autarcie, où les budgets des films étaient faméliques, donc on faisait le mieux avec ce qu'on avait, pas grand-chose, et donc beaucoup de ces comédies bas du front, mais l'arrivée de Mad Max, et son carton mondial absolu, va lancer une vague australienne de films de genre tout aussi fous, où la sécurité des équipes n'était pas garantie. Donc, des rip-off de Max Mad, ou d'Halloween, des trucs vraiment improbables, où la plastique des films était mis en avant, mais à quelques exceptions près, ça ne volait pas très haut, et l'arrivée de la VHS va mettre un terme à cet Ozploitation, qui va revenir de manière sporadique dans les années 2000 avec Black Sheep, Rogue et Wolf Creek.
Il faut dire que les extraits de films qu'on voit sont vraiment dingues, avec avec un certain BMX Bandits avec des bandits qui commettent leurs méfaits en vélo, avec la première apparition de Nicole Kidman, et quelques moments qui rappellent ce qu'on voyait chez Tarantino avec Kill Bill ou Boulevard de la mort.
D'ailleurs, ce dernier est fréquemment interviewé, bonnet à l'appui, mais à part balancer du cool ou le voir sous ecstasy, il n'y a malheureusement pas grand chose à dire. Les intervenants sont de qualité, revenant sur le fait que la plupart de ces films étaient au fond nuls, mais qui rapportaient du fric, donc on continuait, et on retrouve même quelques acteurs américains, comme Jamie Lee Curtis, qui avait joué dans Road Games et accusé de piquer du travail au cinéma australien, mais également Dennis Hopper. Alors en disgrâce à Hollywood dans le milieu des années 1970, il parti en Australie pour faire un film improbable, Mad Dog, où il était tellement ivre et cocaïné durant le tournage qu'il se demande lui-même comment il n'est pas mort.
La limite du documentaire est sans doute dans sa durée, 100 minutes. C'est sans doute trop court étant donné les dizaines de films évoqués, extraits à l'appui, et des 80 (!) personnes interviewées, dont les propos pour certains ne dépassent pas trois secondes, le temps de placer un bon mot.
Ce qui fait qu'à un moment, je ne savais plus trop qui faisait quoi, car ça défile sans arrêt. Il y a quelques têtes connues, comme James Wan, qui s'est aussi inspiré de l'Ozploitation pour Saw, mais c'est vraiment trop bordélique et fouillis pour que j'accroche totalement. C'était un peu le même reproche que j'aurais pu faire sur le documentaire idoine de Mark Hartley consacré à la Cannon, Electric Boogallo ; poser le sujet calmement, sans nous bombarder tout le temps d'extraits qui ont l'air d'être d'ailleurs les meilleurs moments de ces films.