Je suis allé voir Nuremberg sans attentes particulières, et c’est surtout la performance de Russell Crowe en Hermann Göring qui m’a vraiment convaincu. Il installe d’emblée un ton presque sympathique, presque chaleureux, et c’est ce contraste-là qui fonctionne : on se laisse entraîner avec lui, comme le psychiatre Douglas Kelley le dit lui-même dans le film. Au fur et à mesure, on découvre un homme de plus en plus conscient de ce qu’il a été, et totalement engagé dans sa cause, jusqu’au bout.

Le rôle de Rami Malek en Douglas Kelley est intéressant dans sa construction : tiraillé entre le serment de son métier, l’éthique médicale et la nécessité de fournir des éléments qui participeront à juger ces hommes, il incarne cette tension, mais le film n’y revient pas longuement. On sent ce conflit possible, mais il est effleuré plutôt que creusé.

Dans la partie judiciaire, Michael Shannon joue Robert H. Jackson, le procureur en chef américain pendant les vrais procès de Nuremberg, qui avaient pour objectif de faire reconnaître les crimes nazis devant un tribunal international, notamment pour des “crimes contre la paix” ou des politiques antisémites dont Göring avait été l’un des artisans historiques. Historiquement, Jackson a eu des moments difficiles face à Göring dans les vrais interrogatoires, parfois dépassé ou provocateur, ce que certaines sources expliquent comme une mise en scène où Göring paradoxalement tire un peu la couverture vers lui avant d’être repris par ses collègues procureurs. Le film joue avec cette dynamique : Jackson se fait parfois “dominer” à l’écran, ce qui donne une impression de duel, même si dans la réalité ce face-à-face était complexe et mêlé à des enjeux politiques et juridiques immenses.


La musique du film accompagne bien cette progression, elle colle à l’évolution de Göring sans jamais être envahissante. L’ensemble laisse une sensation de lente révélation : ce n’est pas un film qui tourne autour d’un grand retournement, mais plutôt d’une progressive découverte d’un homme qui sait exactement qui il est et ce qu’il représente.

hwhite
6
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le 1 févr. 2026

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