Alfred Hitchcock est la plus grande inspiration de Brian De Palma, ça, on l'a assimilé depuis des décennies et le réalisateur des Incorruptibles a déjà signé des quasi-remakes du maître du suspense comme évidemment le magnifique Pulsions qui empruntait beaucoup à Psychose, mais je dois reconnaître que la filiation d'Obsession avec Sueurs froides m'aura dérangé, voire même empêché de rentrer de plein pied dans le film.
Commençons par ce qui fâche le plus : Cliff Robertson. L'oncle Ben de Sam Raimi est à côté de la plaque pendant tout le film, pas crédible pour un sous dans les différentes nuances de son personnage : la romance, la peine et c'est là l'ironie, dans l'obsession. Une prestation calamiteuse heureusement contrebalancée par celle de Geneviève Bujold, globalement satisfaisante (et gentiment hystérique dans le dernier quart d'heure).
Mais à part ça, le gros problème du film est encore ailleurs : son suspense. Alors, est-il possible de découvrir un tel film plus de quarante ans après sa sortie sans voir venir les gros rebondissements, parce que vous pouvez me dire ce que vous voulez
j'ai mis en doute la mort de la famille du personnage de Cliff Robertson à cause de sa mise en scène, et à partir de là, j'ai évidemment compris que lorsqu'il rencontre Sandra en Italie, sosie conforme de sa femme décédée, j'ai compris que c'était sa fille, au point que je me demande si De Palma l'a fait exprès ou pas de lâcher ses indices d'une manière aussi voyante.
Et puis franchement, le personnage de John Lithgow, pareil, j'ai tout de suite compris qu'il était l'antagoniste vu à quel point il aurait servi à rien si ce n'était pas le cas
Heureusement, la mise en scène et la photographie sont élégantes, la musique du grand Bernard Hermann est excellente.
Bref, un thriller dont le suspense n'a marché à aucun moment sur ma personne, du coup, je me suis plutôt ennuyé dans cet hommage-plagiat à Sueurs froides, beaucoup plus vénéneux que ce gentillet Obsession!!