La voilà donc la nouvelle bête horrifique, le nouveau phénomène de festival au bouche-à-oreille des plus flatteurs et à l'enthousiasme bien suspect.
Le masqué, lui, s'est tout d'abord beaucoup méfié. Parce que les dernières fois, il s'est fait enfler par Zach Cregger réalisateur, avec Evanouis, et producteur, sur Companion.
D'autant plus que le dernier cité reviendra en mémoire en plus d'une occasion, surtout par la parenté de la thématique dont Curry Barker s'empare.
Sauf que Obsession réussit là où Companion s'est copieusement vautré. Tout en ressemblant à un épisode particulièrement oppressant d'une Quatrième Dimension rebootée.
Cette histoire de vœu qui catalyse sa chute, c'est vu et revu. Voire re-revu. Mais ce n'est visiblement pas ce qui intéresse le réalisateur, qui se détourne vite du premier écueil guettant le film : s'acharner à donner une quelconque vraisemblance à la mythologie de son artefact et improviser des règles à sa malédiction sans queue ni tête.
Car Obsession, c'est plus une fable horrifique, avec son prince charmant qui est incapable de saisir sa chance, maladroit et fragile, privilégiant la facilité au dialogue et à la franchise afin de dire à la fille de ses rêves qu'il existe.
Parce que le film a beau décrire qu'il succombe à ses bas instincts, Michael Johnston n'en apparaît pas pour autant totalement antipathique et détestable de manière immédiate et sans retour.
On compatirait presque à son long cauchemar qu'il a pourtant appelé de ses vœux. Car le conte de fée initial tourne très rapidement au vinaigre et au détriment de la fille qu'il aime.
Car l'amour n'est que de façade, contraint, encapsulé par un sous-texte maîtrisé et assez pertinent de l'emprise, du consentement et de la masculinité toxique, en embrassant chaque aspect par une situation, un regard, une ligne de dialogue. Et quand le sourire trop parfait de l'amour fait place à un corps inquiétant se fondant dans les ténèbres, en une menace indistincte ou une pression affective constante, la belle histoire se transforme soudain en voyage vers l'abîme.
La souffrance féminine, indicible, elle fait surface par hoquets, comme dans Get Out, images de bonheur figé façon Stepford, ou glitchs angoissants et délétères, décalés ou fulgurants, donnant une drôle d'atmosphère au film, tout comme une certaine idée de l'humour tordu et malsain.
Plus que Michael Johnston, qui ne démérite pourtant pas, c'est la performance de Inde Navarrette qu'il faut mettre en avant, réussissant un impossible grand écart et à faire croire à ce corps parfait (et cette histoire) en forme de prison et de grand néant glouton.
Le film, lui, ménage longtemps ses effets chocs, parfois tétanisants, se fondant d'abord sur une idée du malaise en forme de long crescendo cassé par de subits coups d'accélérateur très efficaces d'une romance en forme d'amour pour toujours. Et surtout d'amour à mort.
Ainsi, la tagline plutôt complaisante de l'affiche ne mentait pas, cette fois-ci : Curry Barker, avec Obsession, fait des merveilles dans le genre de l'horreur.
Behind_the_Mask, ♫ Qu'est que qui monte qui rime avec toujours, c'est l'amer... Euh c'est l'amour ♪