Avec Obsession, Curry Barker, jeune prodige de l’horreur issu de la scène YouTube, signe un thriller surnaturel aussi malin que dérangeant. Le film suit un romantique timide qui, grâce à un mystérieux « One Wish Willow », voit son crush tomber follement amoureuse de lui… jusqu’à ce que cet amour devienne une prison étouffante et mortelle. Barker revisite avec brio la formule du « Monkey’s Paw » en l’ancrant dans les angoisses contemporaines : le consentement, la toxicité relationnelle et les désirs qui se retournent contre nous. Visuellement soigné malgré un budget modeste, le long-métrage alterne montages idylliques et séquences d’angoisse pure, portées par une Inde Navarrette terrifiante et magnétique dans le rôle de la petite amie obsédée.
Ce qui frappe le plus dans Obsession, c’est son équilibre entre horreur et humour noir. Barker, issu de la comédie sketch, injecte des touches absurdes (comme un service après-vente du Wish Willow) qui désamorcent parfois la tension pour mieux la relancer. Le résultat est un film rythmé, souvent drôle et régulièrement effrayant, qui questionne avec pertinence la frontière entre amour passionné et possession et qui n'est pas sans rappeler le film avec Clint Eastwood Un frisson dans la nuit (Play Misty for Me), sorti en 1971. Si certains rebondissements manquent un peu de surprise en fin de parcours, l’ensemble reste d’une efficacité redoutable et confirme le talent du réalisateur pour manier les codes du genre tout en y apportant sa sensibilité générationnelle.
En salles, Obsession s’impose comme l’une des bonnes surprises horrifiques de l’année : frais, malin et viscéralement inconfortable. Un coup de maître pour un cinéaste à suivre de très près. À voir absolument si vous aimez les histoires de désir qui tournent au cauchemar.