Vous n'avez jamais connu le VRAI AMOUR... Mais maintenant vous allez savoir ce que c'est grâce à Curry Barker!
Oubliez la relation que vous avez avec la femme de votre vie, l'homme de votre vie, c'est du pipi de chat à côté de ce que vivent Bear (oui "Bear" est vraiment un prénom aux USA, ce pays est ravagé, interprété par Michael Johnston) et Nikki (Inde Navarrette).
Sur le papier, on peut avoir un peu peur avant d'aller au cinéma: ça a du tout du teen movie mid, de surcroit produit par Blumhouse, studio à l'origine de films d'horreur qui ont globalement pas très bonne réputation ("Get out" a un peu changé la donne néanmoins). Mais je vous assure que ça vaut vraiment le coup d'aller le voir! (à part peut-être si vous payez 15 euros tarif plein à l'UGC de Vincent Bolloré, là je vous autorise à pas y aller haha).
Là où je trouve le film particulièrement intelligent, paradoxalement, c'est quand il interroge nos bas instincts (bon là c'est vrai que je m'adresse surtout aux mecs hétéro/bi). Imaginez que vous vous trouviez dans la situation de Bear. Vous êtes un jeune mec. Vous êtes amoureux de votre amie mais vous n'avez jamais osé lui dire. Vous arrivez dans un magasin de farces et attrapes. Dans un moment de désespoir, vous achetez un objet pour faire un voeu. Vous l'utilisez en n'y croyant pas vraiment: vous souhaitez que votre amie vous aime plus que tout au monde. Le voeu fonctionne: elle devient LITTERALEMENT folle de vous. C'est une situation très intéressante parce qu'elle interroge nos valeurs.
Je suis de gauche. Je me considère comme féministe, c'est important pour moi. Dans mon lycée, je suis référent égalité filles-garçons. J'ai fait plusieurs événements liés à la Journée internationale des droits des femmes, à la Journée contre les violences conjugales etc. Le dernier film que j'ai réalisé a pour thème principal les violences conjugales. Je suis pas le plus gros droitard du monde quoi.
Et pourtant j'ai une part de lâcheté: je pense honnêtement que si ça m'était arrivé, j'aurais pas voulu mourir. Je tiens trop à la vie, j'aurais fui en ayant trop peur de Nikki. Je l'aurais laissée toute seule, en essayant de trouver un autre moyen de conjurer le sort, ou peut-être en lui trouvant une "bonne" clinique psychiatrique. Et ça c'est très intéressant à interroger.
En parlant de Nikki, quelle performance d'Indi Navarrette! Arriver à jouer aussi bien des émotions aussi extrêmes c'est fort, bravo à elle et à la directrice artistique Sally Choi (je suppose qu'elle a géré la direction d'acteurs avec Curry Barker)!
S/O également Tyler Clemmons , le directeur de la photographie. Quel bonheur de voir un film d'horreur (je parle pour ceux que j'ai vus en tout cas), qui prend enfin le temps de travailler ses cadres, qui n'a pas peur des plans fixes, et qui utilise les jumpscare avec parcimonie!
Film très pertinent aussi sur le fait que beaucoup de mecs en ont rien à foutre du consentement.