Je pensais savoir exactement dans quoi je me lançais, en imaginant un amour à l'intensité toxique, violemment possessif et destructeur, des jalousies assassines et des ambiances étouffante. Au lieu de ça, le film m'a surpris en y ajoutant une singularité qui le rend bien plus tordu et dérangeant, dans le meilleur sens du terme.
[SPOILER majeur]
C'est bien plus une histoire de possession que d'amour meurtrier, car on comprend très vite que Nikki, la victime du souhait est non seulement possédée par cette passion dévorante venue de nulle part, mais que le changement est loin d'être stable, et ce sont les fluctuations permanentes de son état qui rendent la chose aussi éprouvante.
Pire, lorsqu'à la faveur de la nuit, l'emprise du souhait se relâche, on découvre que Nikki n'a pas été transformée, mais reste la passagère impuissante et désespérée d'une relation irrépressible qui la dégoute. On peut très certainement y lire toutes sortes de commentaire sur des relations délétères et autres emprises pernitieuses, mais je n'ai pas creusé la question.
Ce twist et ses implications sont ce qui élève le film au-delà du produit générique qu'il aurait pu être, et en fait une oeuvre qui parvient à nous remuer sans en faire des tonnes, et saura vous maintenir sous tension jusqu'à son dénouement chaotique.
Il ne fait pas toujours de manière très gracieuse ou honnête, et je lui reproche notamment d'abuser des jump scares, mais il a au moins le mérite de les justifier par l'instabilité de sa protagoniste, qui peut se mettre à hurler à tout moment, et dont il est toujours très difficile d'anticiper les prochaines facéties. C'est d'autant plus dommage que le film n'avait pas besoin de nous faire sauter du siège en nous beuglant dessus, car les scènes les plus réussies sont les moins bruyantes : quand on est dans l'attente de la prochaine crise (la première nuit), ou quand l'intimité détraquée du couple se heurte aux regards extérieur (la soirée entre amis).