Obsession
7.2
Obsession

Film de Curry Barker (2026)

Réalisé pour moins d’un million d’euros, le premier film de Curry Parker peut, sur la forme comme sur le fond, rivaliser sans rougir avec des productions de studio coûtant vingt fois plus cher sans forcément voler bien plus haut.

Le jeune réalisateur venu de YouTube adopte les codes du cinéma indépendant américain pour dérouler un récit horrifique minimaliste, efficace, parfois drôle, mais aussi très simpliste.

Son concept, tout sauf original (un vœu qui se retourne contre son auteur), lui sert de prétexte pour montrer son savoir-faire. Le scénario n’explore jamais les origines de la malédiction, ne construit aucune mythologie. Il faut donc se contenter de l’accepter pour ce qu’il est, un ressort narratif bien pratique. Car sans véritable cadre ni contrainte, le réalisateur peut laisser libre cours à son imagination débridée, puisque le principe d’Obsession autorise pratiquement tout.

C’est la limite du film : quand tout est possible, plus grand-chose ne surprend. À l’exception de quelques séquences très graphiques, Obsession ne fait d’ailleurs pas particulièrement peur.

On peut également lui prêter un sous-texte engagé : une réflexion sur l’emprise, le consentement ou encore sur les relations hommes-femmes à l’ère post-#MeToo, peut-être même une attaque envers les incels. Mais la démonstration n’est pas très finaude, et disparait assez vite derrière le délire gore et un peu grotesque revisitant en mode cauchemardesque le fantasme du filtre d’amour.

Si la mise en scène reste assez basique, elle s’amuse malgré tout à jouer avec les codes du genre pour transformer un crush secret en terrifiante petite amie obsessionnelle.

Au-delà de l’optimisation d’un budget minuscule qui force le respect, l’engouement général est tout de même difficile à comprendre. Ça reste très potache, très brut. Obsession donne davantage l’impression d’être l’épisode pilote d’une série anthologique qui explorerait les conséquences de vœux mal formulés et de la maxime « Méfiez-vous de ce que vous souhaitez ! ».

Une carte de visite prometteuse, plus qu’un grand film d’horreur.

Créée

le 9 juin 2026

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