Obsession : le film d'horreur, qui ne fait pas vraiment peur...

Obsession, j'ai tellement entendu de retours positifs à ton propos avant de me décider à aller te voir en salle, que ce soit de mes amis, de youtubers, de ma famille,de streamer,

l'idée faisait donc son bout de chemin, et petit à petit je me disais qu'il fallait à tout prix que je te visionne tant on me vantait tes qualités, aussi bien sur le plan scénaristique,

la mise en scène et thématique ; et on peut le dire qu'entre nous, c'était presque devenu... obsessionnel !


Je me suis donc décidé, sous un soleil caniculaire de fin de mois de juin à passer de l'idéalisation à la concrétisation, d

Et après 1h40 de visionnage, je me retrouve donc avec la conclusion suivante : c'est un film relativement correct, qui enfonce des portes ouvertes mais qui traite assez bien de son sujet

(les nice guys), avec une approche originale sur son antagoniste, aussi bien dans sa façon de commettre le mal, que de


Et que dire, il y a effectivement beaucoup de choses à dire : si vous avez vu ma note du film vous devez vous en doutez, le film a des qualités, mais aussi, à mon sens de gros défauts.


Tout d'abord, en terme de réalisation je n'ai rien vu qui m'ait particulièrement marqué, ni dans le bon sens, ni dans le mauvais. Le film est bien réalisé, compte-tenu de son budget,

mais il ne m'a pas surpris par un choix d'angle audacieux ou par une mise en scène qui m'auraient fait dire "waouh, je n'ai jamais vu ça ailleurs/c'est particulièrement original".

La réalisation est fonctionnelle, mais pas particulièrement éloquente. L'utilisation des musiques est elle aussi très classique, et parfois elle m'a même un peu dérangée,

car les osts "mystiques" étaient par exemple systématiquement utilisées pour montrer que quelque chose "clochait" ; or, au début du film, le personnage n'est pas encore certain de ce qu'il

se passe, et je pense qu'il aurait pu être intéressant de laisser planer une part d'ambiguïté, plutôt que de nous montrer dès le départ que "olala quelque chose de bizarre se passe tu as vu ?!".

Il y a certains choix qui m'ont paru un peu plus discutables, mais là je pense que ça relève un peu de la subjectivité, et peut-être aussi de mon expérience dans le cinéma dans lequel j'étais

(avec un écran de taille ridicule), mais par exemple le jeu d'ombre au niveau du visage de la Nikki obsédée par Bear m'a paru étrange, car je me demandais si l'écran était de piètre qualité, et si

si j'étais censé voir quelque chose (notamment une des fameuses expressions de Nikki qui était passée sur les réseaux sociaux),

mais je n'ai rien vu, et je me suis donc demandé si c'était un choix de mise en scène ou un problème technique liée à la piètre qualité de l'écran de la salle.

L'effet de peur que c'était censé produire n'a donc pas vraiment fonctionné, cela m'a surtout perdu...


Là j'ai surtout abordé le côté technique, mais comme je l'ai déjà dit, il ne m'a pas particulièrement marqué donc je n'ai rien à dire, le film fait "des trucs de film d'horreur",

c'est-à-dire des choix qui je pense ont déjà été vus dans d'autres films du genre, notamment dans le genre "possession", et je dis ça sans être expert du genre,

c'est un genre que je connais assez peu, qui m'attire peu. A titre de comparaison, le film nosferatu sorti deux ans plus tôt avait des idées de mise en scène qui m'avaient marquées,

que ce soit le plan où la main de nosferatu domine la ville, ou le choix de ne pas montrer son visage au début et de seulement fixer la caméra sur des parties de son corps,

pour laisser au spectateur le soin de se faire sa propre idée de ce qu'il est, et de créer un sentiment d'angoisse. Ces choix étaient intéressants.


Il y a tout de même un choix de mise en scène que j'ai pu apprécier, c'était lorsque le personnage de Bear échange au téléphone dans sa voiture avec une certaine personne pour s'enquérir de

la situation de Nikki, et qu'il entend ensuite une voix. C'était un choix très intéressant et qui a réellement suscité un sentiment de malaise en moi (trop rares dans le film).


Maintenant que nous avons abordé le côté technique, parlons un peu du scénario et des thèmes.


En ce qui concerne l'histoire, je ne vais pas la résumer, mais je vais tâcher d'aborder les points clés, ceux qui fonctionnent, ceux qui fonctionnent moins biens.

Cette partie va spoiler l'oeuvre, car ce serait trop compliqué d'en parler de façon évasive...


[/spoilers]

Commeçons par les points qui fonctionnent.

Y a des choses qui fonctionnent relativement bien, comme les dialogues, qui m'ont parus vraisemblables et cohérents compte-tenu de l'âge que je donnais aux protagonistes ; je n'ai pas eu l'impression que c'était

une personne âgée qui tentait d'imiter les jeunes, donc c'est plutôt un bon point.

La scène d'introduction est plutôt bonne, en nous jetant dans le vif du sujet, et en m'ayant pas mal perturbé car je me demandais si Bear faisait déjà sa déclaration (si je me souviens bien),

en plus d'introduire le sujet du film "l'obsession" ; assez bien pensé aussi que l'ami de Bear lui dise de pas faire déclaration trop compliquée, et de simplement lui proposer de sortir boire un verre,

c'est aussi ce que je lui aurais conseillé. Ça montre plutôt bien que Bear n'a pas les codes et que son ami les a, mais aussi, on voit aussi que Ian comprend bien mieux Nikki, ce qui prend un autre sens

au regard de la fin. On voit aussi que Ian donne de mauvais conseil, ce qui sera symptomatique de son personnage qui est plus un faux-ami qu'un réel ami.


Mais bref, le scénario avance, et on comprend de plus en plus que Bear, n'est pas tout à fait à l'aise socialement, et que ce n'est pas seulement lié à la déclaration,

même si j'ai quand même eu des doutes sur cette lecture au début de mon visionnage, dans la scène du restaurant car on pourrait se dire que le stress de la déclaration influence son attitude du soir.

Mais plus ça avance, plus on comprend que Bear "se fait un peu marcher dessus" facilement.


Je ne vais pas décrire chaque scène, une par une mais le début fonctionne bien, parce que on a un peu de background sur les personnages, on comprend le contexte, leurs personnalités et leurs problèmes.

Globalement le début fonctionne bien, mais... ce qui pose problème, à mon sens c'est ce qui se passe peu de temps après que Bear ait fait son souhait.

Comme je l'ai déjà dit en première partie "les osts sont trop utilisées de façon trop évidente..." : une ost mystique quand Bear fait son souhait, ne laisse place à aucune ambiguïté.


Des points appréciables sur le début de l'histoire, c'est que Bear fait son voeu de façon assez innocente et crédible/naturelle, à mon sens, j'ai déjà pu voir des une minorités de personne dire qu'il l'a fait avec malice,

mais je ne l'interprète pas de cette façon, je pense que la formulation qu'il a utilisé le rapproche de celle d'un enfant qui est amoureux "je l'aime plus que tout au monde", bien qu'un deuxième niveau

de lecture laisse effectivement penser que ce veut peut transformer la personne en esclave, mais je pense honnêtement pas qu'il avait cette intention, il n'était même pas convaincu que cela marchait ;

je pense qu'il a davantage formulé de cette manière parce que c'était une façon enfantine de dire qu'on aime quelqu'un (même si une deuxième grille de lecture raccorderait cette formulation à de l'obsession).


Un point intéressant, du moins au début, c'est que Bear n'est pas débile, et va vite chercher sur internet si le "one wish" fonctionne réellement ; les réponses qu'il obtient sont ce à quoi

on pourrait s'attendre dans notre monde : des gens qui y croient d'autres qui n'y croient pas, ce qui le laisse sans réponse, et c'est un peu gratifiant car on aurait pu être frustré qu'il ne cherche pas plus que

ça (malheureusement la dernière partie du film va un peu gâcher ce point, mais j'y reviendrai plus tard).


Je vais pas trop m'attarder sur la suite de l'histoire, même si certaines idées sont biens trouvées, comme le fait que Nikki hurle de peur lors de son premier rapport sexuelle avec Bear,

et qu'on ait une explication beaucoup plus tardive de pourquoi elle a réagit de cette façon, c'était une bonne idée de poser des bases de mystère, et de ne pas tout expliquer immédiatement, ça permet de créer un peu de suspense et d'intrigue.


Par contre à mon sens, le gros problème du film se pose une fois que Bear passe l'appel téléphonique qui confirme que Nikki est possédée à cause de lui : je n'ai pas eu peur;

tout simplement parce que Bear, sa principale victime, et le personnage le plus développé est quelqu'un de fondamentalement mauvais.

Dans la suite du film, une fois que Bear est certain que Nikki est possédée, il décide de ne pas chercher de l'aide (comme il aurait pu le faire auprès de ses amis), ce qui est totalement logique avec le thème général du film qui est finalement l'obsession de Bear pour Nikki, plutôt que l'inverse ;

P-Nikki (P comme possédée), n'est obsédée par Bear qu'à cause de son choix; et elle pourrait être libérée si il décidait d'agir dans ce sens, mais il ne veut pas le faire, car ça l'arrange. Bear décide donc d'utiliser

Nikki comme sa copine idéalisé et "objet sexuel".

Le problème c'est que dans la majeur partie du film, les actions néfastes de P-Nikki, ne visent principalement que Bear, avec un côté extrêmement contrôlant, et un côté très perturbant, possessif,

maladif, or la personne qui est responsable de cette situation est Bear, si Bear meurt, Nikkie est sauvée ; donc en quoi les scènes d'horreur devraient me faire peur, en sachant qu'elles sanctionnent

l'antagoniste de l'histoire ?

C'est là où à mon sens le film échoue le plus : Bear étant quelqu'un de mauvais (ce qui est voulu), et Nikki étant libre si Bear meurt,

je ne suis pas angoissé quand il angoisse, j'attends juste qu'il se fasse tuer, qu'on en finisse avec cette enflure de "nice guy".

C'est là où le film pèche à mon sens : pourquoi aurais-je peur pour l'angagoniste ?


On pourrait me dire que P-Nikki, risque de faire du mal aux amis de Bear, ce qui est vrai ; mais le problème, c'est que leurs personnages sont trop sous-développés, ils servent surtout à rappeler que "Oh Nikki réagit bizarrement",

(ce qui est pertinent au demeurant, vu que ça montre que Bear choisit délibérement de cacher la raison pour laquelle elle est comme ça, bien qu'un peu répétitif),

mais n'ont pas de développemnt plus poussé que ce qui présenté en introduction ; on en revient à des personnages-outils, résumable à des rôles dans l'intrigue, plutôt qu'à des personnes crédibles pour lequel le spectateur va s'inquiéter.

Donc au final, le risque de mort pour eux, laisse indifférent (en plus d'avoir causé [spoiler] des morts assez prévisibles dans leurs timings pour eux[spoiler]).



Pour le reste, il y a d'autres problèmes comme le système de voeu que Bear n'utilise pas du tout intelligemment, il ne tente pas assez de soigner Nikki en faisant un contre-voeu, comme le film le suggère, enfin il le tente de façon assez stupide

: donner à P-Nikki le voeu, se contenter d'essayer avec Ian, alors qu'il pourrait par exemple payer un sdf pour faire le voeu en échange d'argent, comme l'a suggéré un commentaire ;

d'autant qu'on voit que les voeux ne sont pas intrisèquement mauvais, au sens où c'est le point de vue du réalisateur, et cela se vérifie avec le voeu de Ian.

Donc le personnage principal est trop bête de ne pas avoir ressayé de faire un contre voeu de façon plus intelligente.


Un problème aussi avec ce système de voeu, c'est que c'est problablement un pouvoir trop puissant capable de démêler toute l'intrigue et toute tension, par exemple en faisant un voeu de voyager dans le

passé (si on est malin), ou de ramener les morts à la vie (aïe).


A part ça, je n'ai pas grand chose à ajouter, il y a des choses qui fonctionnent bien comme la scène de fin où le protagoniste n'est décidément pas capable de faire preuve de la moindre bravoure,

ou l'humour qui fonctionne très bien, je pense notamment à la scène de la soirée quand P-Nikki fait sa déclaration.


Petit bémol sur la scène de la lettre et de la voiture où Bear et Sarah discutent la nuit : du début à la fin ce qui s'est passé était tellement téléphoné, je comprends pas pourquoi le réalisateur.


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Bref, obsession aura eu beaucoup de bonnes idées, mais aussi beaucoup d'idées convenues, ou fragiles (quand on regarde dans le détail) : ce sera un 5/10.

Petite nuance que je vais tout de même ajouter : on m'avait dit au cours d'une discussion avant de voir le film que que le protagoniste était quand même un enfoiré, donc ça fait que je partais avec un à priori négatif sur lui, qui a peut-être influencé mon expérience, là où d'autres personnes auraient vus une découverte du mal de façon plus progressive. Je me permets tout de même de donner mon avis car il y a d'autres oeuvres où j'avais pu être spoilée, et cela ne m'a pas empếché de les apprécier, donc je pense que ça n'explique pas forcément tout du pourquoi j'ai trouvé le film moyen.

NateB
5
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Créée

le 29 juil. 2026

Critique lue 20 fois

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