Avec un pitch de départ extrêmement intéressant, Obsession accomplit l'exploit d'enchaîner 1h30 de séquences toutes plus consternantes les unes que les autres. La bêtise, l'antipathie et le caractère sociopathe de tous ses personnages (à commencer par le principal) condamne le spectateur à subir une intrigue où ne se déploient aucune des dimensions qu'on était en droit d'attendre : à quel prix paie-t-on la réalisation de ses fantasmes ? Qu'advient-il du désir quand son objet devient accessible voire envahissant ? Quels vices peuvent se révéler chez l'autre idéalisé quand celui-ci chute de son piédestal ? Rien de tout ceci ne sera abordé, puisque dès le départ, les scénaristes ont choisi de raconter l'histoire de personnages impotents, insensibles et/ou cruels piégés dans un dispositif de possession complètement binaire. Aucune des normes sociales délétères montrées dans le film ne sera mise en question, aucun des comportements antisociaux ne sera interrogé. On pourrait passer outre cette indigence si la mise en scène avait un soupçon de créativité ou d'intérêt, mais elle est plate comme un téléfilm. On pourrait encore rigoler du spectacle si les effusions gores se multipliaient, mais ce film débile semble se prendre trop au sérieux pour nous en gratifier. Franchement, c'était pénible.